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Rwanda par Cathy et José

L'Amour entre deux familles que le hasard a réuni .

vendredi 3 juillet 2009

KIGALI, 3 juil 2009 (AFP) - Génocide au Rwanda : un prêtre catholique condamné à la prison à perpétuité

Un prêtre catholique rwandais, l'abbé Aimé Mategeko, a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité après avoir été reconnu coupable de participation au génocide perpétré contre les Tutsis en 1994, a rapporté vendredi Radio Rwanda (officielle).

L'homme d'église, 45 ans, appartenant à l'ethnie hutu, comparaissait devant le tribunal populaire gacaca de Gihundwe, dans le sud-ouest du Rwanda.

Il a été notamment condamné pour "incitation aux massacres des Tutsis qui s'étaient réfugiés à la paroisse de Shangi", dans l'ancienne préfecture de Cyangugu (sud-ouest), a indiqué la radio.

Pendant le génocide, l'abbé Mategeko était curé de Hanika, une autre paroisse catholique de la région.

"Je suis innocent ; mais je ne suis pas le premier à être victime d'une injustice", a déclaré le prêtre interrogé par Radio Rwanda après le jugement, avant d'annoncer qu'il allait faire appel.

Inspirées des anciennes assemblées villageoises lors desquelles les sages réglaient les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), les juridictions gacacas sont chargées de juger les auteurs présumés du génocide de 1994, à l'exception des "planificateurs" au niveau national.

Elles peuvent prononcer des peines allant jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité, la peine la plus lourde au Rwanda, après l'abolition de la peine capitale en 2007.

Perpétré par des extrémistes hutus, le génocide d'avril à juillet 1994 a fait, selon l'ONU, plus de 800.000 tués, essentiellement parmi l'ethnie tutsie.                                                                                                                                                               http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090703080317.lsr26fxh.htm          

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MUNYURANGABO (LIBERATION DAY)

Afin de renouer avec leurs racines et leur passé, Munyurangabo et Sangwa quittent la ville de Kigali. L'un veut à tout prix venger la mort de ses parents tués lors du génocide et le deuxième veut revoir la maison qu'il a quittée il y a plusieurs années. Après quelques jours, les parents de Sangwa voient d'un mauvais oeil la présence de Munyurangabo. Parce qu'ils ne sont pas de la même ethnie, leur amitié va être mise à rude épreuve.

http://www.dvdrama.com/film-30864-munyurangabo-liberation-day-.php

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Génocide Rwanda: un prêtre condamné

AFP
03/07/2009 | Mise à jour : 10:37

Un prêtre catholique rwandais, l’abbé Aimé Mategeko, a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité après avoir été reconnu coupable de participation au génocide perpétré contre les Tutsis en 1994, a rapporté vendredi Radio Rwanda (officielle). L’homme d’église, 45 ans, appartenant à l'ethnie hutu, comparaissait devant le tribunal populaire gacaca de Gihundwe, dans le sud-ouest du Rwanda.

Il a été notamment condamné pour "incitation aux massacres des Tutsis qui s’étaient réfugiés à la paroisse de Shangi", dans l’ancienne préfecture de Cyangugu (sud-ouest), a indiqué la radio. Pendant le génocide, l’abbé Mategeko était curé de Hanika, une autre paroisse catholique de la région. "Je suis innocent ; mais je ne suis pas le premier à être victime d’une injustice", a déclaré le prêtre interrogé par Radio Rwanda après le jugement, avant d'annoncer qu’il allait faire appel.

Inspirées des anciennes assemblées villageoises lors desquelles les sages réglaient les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), les juridictions gacacas sont chargées de juger les auteurs présumés du génocide de 1994, à l’exception des "planificateurs" au niveau national.

Elles peuvent prononcer des peines allant jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, la peine la plus lourde au Rwanda, après l’abolition de la peine capitale en 2007. Perpétré par des extrémistes hutus, le génocide d’avril à juillet 1994 a fait, selon l’ONU, plus de 800.000 tués, essentiellement parmi l’ethnie tutsie.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/07/03/01011-20090703FILWWW00291-genocide-rwanda-un-prete-condamne.php

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Quinze ans après, comment le Rwanda se remet-il du génocide ?

FRANCE 24 consacre cette édition de Reporters au génocide rwandais de 1994, cent jours de folie meurtrière durant lesquels près d'un million de Tutsis ont été massacrés par les Hutus. Comment le pays se remet-il de cette période ?

Le dur quotidien des orphelins du génocide

Le génocide au Rwanda, c’était il y a 15 ans, en 1994… En seulement trois mois, plus de 800 000 Tutsis ont été massacrés. En avril dernier, des cérémonies commémorant l'événement ont eu lieu à Kigali, la capitale. Le 4 juillet, ce sera la prise de la capitale par le Front patriotique rwandais (FPR), le parti actuellement au pouvoir, qui sera célébrée. A cette occasion, notre reporter Willy Bracciano s'est rendu au Rwanda où il a rencontré Donata, une jeune femme de 23 ans que l'Histoire a rattrapée. Cette orpheline du génocide a pris en charge six enfants dont les parents sont eux aussi morts durant les massacres de 1994.

 

France-Rwanda : vers un réchauffement des relations diplomatiques ?

Quinze ans après le génocide, les gens réapprennent à vivre ensemble et... à pardonner. Ainsi voit-on d'anciens bourreaux vivre aux côtés de leurs ex-victimes. Mais, si les traces de l'horreur s'estompent progressivement, la période du génocide, elle, continue de marquer profondément les relations entre le Rwanda et son ancien allié, la France. Les relations diplomatiques sont officiellement rompues depuis trois ans entre les deux pays, à la suite des procédures judiciaires lancées par Paris contre des proches de l'actuel président Paul Kagame. Toutefois, les choses pourraient changer dans ce domaine. Un reportage de Willy Bracciano tourné à Kigali.

Des gorilles sous la protection du pays

Dix-huit bébés gorilles des montagnes nés au cours des 12 derniers mois dans le parc national des Volcans (nord du Rwanda) ont été "baptisés", le 20 juin dernier. Il s'agissait de la cinquième cérémonie de ce type organisée dans le pays pour marquer son attachement à la protection des grands singes. Voyez ce que met en place le Rwanda pour protéger ces 800 derniers primates, menacés d’extinction.

Pour en savoir plus, cliquez suez sur le lien ci dessous:

http://www.france24.com/fr/20090703-rwanda-genocide-15-ans-apres-tutsis-hutus-folie-meurtriere-commemoration-fpr

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Abuser des domestiques, c'est les violer

(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Les patrons considèrent souvent que violer leur bonne est un dû. Ils ne leur reconnaissent aucun droit et les renvoient quand elles sont enceintes. Pour eux, c'est normal. Témoignages au Rwanda.

"Il m’a appelé le matin, amené au cabaret, m’a acheté un soda et m’a dit : 'J’ai tué ce matin ma boyesse et l’ai jeté dans la toilette'. Si tu le dis à quiconque, tu subiras le même sort", racontait, tristement, mi-juin Bihoyiki Zacharie, gardien de vaches, lors de l’inhumation du corps de Ntawumvayino, à Karongi à l’ouest du Rwanda. Celle-ci a été tuée par son patron Étienne Habimana, un soldat, qui l'avait engrossée, mais dont le forfait n’a été révélé que quatre ans plus tard, alors qu'il était emprisonné pour d'autres crimes.
Après avoir constaté que sa boyesse était enceinte, il l’avait renvoyé chez elle, mais elle avait honte de rentrer et est revenue. "Sa grossesse avait amené des tensions entre Habimana et sa femme. Et il l’a tué avec une corde", explique Jean Baptiste Uwihanganye, de la famille de la victime.
Si les viols des jeunes filles domestiques sont courants, ils ne sont généralement connus que quand il y a des conséquences comme les grossesses. En plus de leur lourd travail, ces domestiques sont, en effet, souvent contraintes de force à coucher avec leurs patrons. "Chaque fois qu’il me faisait l’amour, il me donnait 1 000 Frw (1,7 $), quand je suis devenue enceinte il m’a renvoyé me promettant à l’amiable de donner chaque mois 15 000 Frw (26 $) pour nourrir mon enfant", témoigne Mukamana R., une orpheline de Muhanga, au Sud, qui vit actuellement chez sa grand-mère. Mais son patron n'a payé que durant 5 mois seulement.

Un "deuxième bureau" à la maison
Un rapport sur "La violence faite aux bonnes des maisons au Rwanda" d'ActionAid international de 2009 met en lumière les abus infligés à ces jeunes femmes, à la suite d’une enquête menée dans dix districts du Rwanda. La majorité d'entre elles disent qu’elles ont été violées par leurs patrons ou d’autres hommes du quartier. Le rapport raconte le malheureux quotidien d’une bonne de Gasabo, à Kigali, qui est celui de nombreuses domestiques :"De retour très tôt du travail, mon patron m’invite dans sa chambre pour m’abuser. Après, il me prévient que si je ne veux pas être congédiée de mon travail, je ne dois le dire à personne;" Mais les épouses sont souvent au courant et un climat de jalousie règne alors entre ces jeunes femmes et leurs patronnes. Elles sont accusées d'être des séductrices et des usurpatrices de maris. Karasira, de Kigali, hospitalisé en 2007 à l’Hôpital universitaire de Kigali, témoigne: "Il y avait à côté de mon lit de l’hôpital une fille qui avait eu la tête cassée par sa patronne qui l’accusait d’avoir détourné son mari."
Toujours selon ce rapport, un chef du district de Rwamagana, province de l'Est, a avoué que, parfois, les hommes ne sont pas satisfaits sexuellement par leurs femmes et couchent avec leurs bonnes en leur promettant monts et merveilles. Mais ces promesses s'envolent aux premiers signes de grossesse. Un agent du Bureau social urbain de la Caritas Kigali témoigne : "Des situations pareilles sont fréquentes et nos bureaux à Kigali/ville accueillent ces femmes en détresse, anciennes domestiques, qui se plaignent d’avoir été violées ou engrossées par leurs patrons, ou des voisins."

Difficile de parler
Lorsqu'elles travaillent encore dans la maison, ces filles n’osent pas dénoncer ces viols. "Nos patrons se connaissent avec les autorités et on a peur que si on les accuse, ils se retournent directement contre nous, affirment deux boyesses de Muhanga pour justifier le silence de leurs semblables. Avec les irrégularités des salaires, on peut même être renvoyées sans être payées."
Quand elles osent parler, elles ne sont pas pour autant sauvées. En 2007, une rescapée du génocide, de 18 ans, qui travaillait comme employée de maison, a été violée par son patron alors qu'elle était encore mineure. Celui-ci n'a eu aucun problème avec la Justice mais par contre la malheureuse a été emprisonnée pour avoir avorté, a rapporté The New Times, un quotidien rwandais.
Associations et syndicats ne baissent pourtant pas les bras. Depuis le début de l'année, le PREFED (Programme régional de formation et d’échanges pour le développement) forme des travailleuses et leurs patrons sur les droits des enfants domestiques dans trois districts de la ville de Kigali. Au moins, ces derniers savent qu'ils ont des droits. Pour autant les hommes ont du mal à se débarrasser de ce qui semble normal à nombre d'entre eux : "Ma femme n’a pas de travail. Elle fait tout à la maison. Je lui ai dit que si elle amène une bonne, elle sera mon 'deuxième bureau' parce que je ne peux pas vivre sous le même toit qu'une autre fille comme un saint", confirme un coiffeur de Muhanga.
http://syfia-grands-lacs.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=1468

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RD Congo : Augmentation massive du nombre d’attaques contre les populations civiles

Source: Human Rights Watch (HRW)

Date: 02 Jul 2009


(Goma, RD Congo) - Les soldats de l'armée congolaise appuyés par les forces de maintien de la paix des Nations Unies qui intensifient leurs opérations à l'Est et au Nord de la République démocratique du Congo n'ont pas réussi à protéger les populations civiles contre les attaques brutales et les représailles des rebelles. Au contraire, ils commettent eux-mêmes des attaques et des actes de viols sur la population civile congolaise, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces attaques de civils perpétrées par toutes les parties au conflit ont considérablement accru le nombre de graves violations des droits humains au cours des six derniers mois.

« Les opérations militaires des forces gouvernementales congolaises ont eu des conséquences désastreuses sur les civils, qui sont maintenant attaqués de toutes parts », a déclaré Kenneth Roth, Directeur exécutif de Human Rights Watch, lors d'une visite à l'Est de la République démocratique Congo. « L'État congolais et les Nations Unies doivent prendre des mesures d'urgence pour protéger les populations et éviter que ces violations des droits humains ne s'aggravent. ».

Depuis janvier 2009, les neuf missions d'enquête dépêchées sur les lignes de front par Human Rights Watch ont fait état d'une augmentation spectaculaire des cas de d'attaques sur les populations civiles et d'autres violations des droits humains à Lubero, Rutshuru, Masisi, dans les territoires de Walikale du Nord Kivu, de Kalehe et de Shabunda du Sud Kivu et dans le district du Haut Uélé au Nord du Congo.

Les soldats congolais ont lancé des opérations contre les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur, la Lord's Resistance Army (LRA), en décembre 2008 au Nord du Congo, suivies un mois plus tard par le lancement d'autres opérations à l'Est du Congo contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) constituées de miliciens hutus. Depuis, les forces rebelles et les soldats de l'armée congolaise ont tué en tout plus de 1 500 civils, violé des milliers de femmes et de jeunes filles, enlevé des centaines d'adultes et d'enfants et réduit en cendres des milliers de foyers, parfois même des villages entiers.

D'après les Nations Unies, plus d'un million de personnes en danger de mort ont été contraintes de fuir ces zones de conflit. Ce chiffre vient s'ajouter aux dizaines de milliers de personnes déplacées lors de précédentes vagues de violence. La plupart de ces nouveaux déplacés ont un accès limité voire aucun accès à l'aide humanitaire.

Représailles menées par les FDLR et les groupes rebelles de la LRA

Les FDLR et les combattants de la LRA sont responsables de la plupart des meurtres de civils recensés par Human Rights Watch. Ces deux groupes armés utilisent délibérément des pratiques telles que la terreur et la répression des populations civiles et s'en prennent à leurs biens comme stratégie en représailles des opérations de l'armée congolaise. Les auteurs ou les commanditaires de tels actes sont coupables de crimes de guerre.

Le 10 mai dernier, à titre d'exemple, les combattants des FDLR ont brutalement massacré au moins 86 civils dont 25 enfants, 23 femmes et sept personnes âgées à Busurungi dans la zone de Waloaloanda, dans le territoire de Walikale au Nord Kivu. Vingt-quatre autres personnes ont été grièvement blessées. Certaines victimes étaient attachées, puis exécutées, d'autres abattues et ceux qui essaient de fuir étaient égorgés à coups de couteau ou de machette. Des personnes ont été brûlées vives par les combattants des FDLR qui les ont enfermées dans leurs maisons avant de mettre le feu au village.

Un témoin qui habitait à la périphérie du village et qui s'est enfui avec quatre de ses enfants, a demandé à sa femme d'emmener les autres. « J'étais le premier à sortir, les enfants derrière moi, puis j'ai demandé à mon épouse de me suivre », a-t-il déclaré à Human Rights Watch. « Mais elle n'a pas fait assez vite. Les FDLR l'ont repoussée dans la maison ainsi que ma fille et mon frère avant d'y mettre le feu. Nous entendions leurs cris pendant que nous nous enfuyions. »

Le 12 avril dernier, les FDLR ont mené des attaques similaires à Mianga, dans le territoire de Walikale, tuant 45 civils et décapitant le chef local. Le 25 mai, elles ont tué dix civils à Chiriba dans le territoire de Kalehe. Selon les résultats des recherches menées par Human Rights Watch, au moins 403 civils ont été tués par les FDLR depuis janvier 2009.

La LRA, dont les chefs sont recherchés par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Ouganda, est actuellement stationnée au Nord du Congo où elle continue de perpétrer des attaques violentes contre les populations civiles. Ces attaques ont déjà coûté la vie à plus de mille personnes depuis décembre. Le nombre d'enfants et d'adultes enlevés a augmenté, ce qui pourrait indiquer que la LRA essaie de regarnir ses rangs. Des sources sur place ont révélé que quelque 135 adultes et enfants ont été enlevés par la LRA lors de deux attaques perpétrées début juin à Dakwa.

Les opérations de l'armée congolaise à l'encontre de ces deux groupes transfrontaliers étaient appuyées à l'origine par les forces ougandaises au Nord du Congo et les forces rwandaises à l'Est du Congo et, depuis le mois de mars, par les forces de maintien de la paix de la Mission de l'Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC). Ces troupes n'ont fourni qu'une protection limitée aux civils contre les attaques délibérées et brutales des rebelles.

« Les atrocités commises par les rebelles à l'encontre de civils à l'Est et au Nord du Congo semblent sans fin », a déclaré M. Roth. « Il est temps que l'armée congolaise reconnaisse la nécessité d'intégrer ses offensives militaires à des mesures efficaces de protection des populations civiles vulnérables contre ces mesures de représailles prévisibles. »

Abus commis par l'armée congolaise

Les soldats de l'armée congolaise ont eux aussi perpétré des crimes de guerre contre les civils qu'ils ont délibérément attaqués en les accusant de collaborer avec les FDLR. Ils ont également violé des femmes et des jeunes filles, commis des actes de pillage et contraint illégalement des populations civiles au travail de porteur, réduit des maisons en cendres dans des villages qu'ils accusaient d'abriter des partisans des FDLR.

Fin avril, dans une attaque contre une position des FDLR à Shalio, près de Busurungi, les soldats de l'armée congolaise ont tué un nombre inconnu de membres de familles proches des FDLR et de réfugiés rwandais. Ces tueries pourraient être à l'origine des violentes représailles du 10 mai dernier de la part des FDLR à Busurungi.

L'on note également une recrudescence spectaculaire des cas de viols dans les zones où sont stationnés les soldats congolais. Dans pratiquement tous les centres de santé ou d'orientation des victimes de viols et les hôpitaux visités par Human Rights Watch, le nombre de cas de viol avait doublé voire triplé depuis janvier, le début des opérations militaires dans les provinces du Kivu. Même si tous les belligérants continuent de recourir au viol et à d'autres formes d'abus sexuels, la plupart des cas examinés par Human Rights Watch étaient attribués à l'armée congolaise.

La pratique de l'armée congolaise qui consiste à forcer les civils à exécuter des travaux dangereux les expose à davantage des risques encore. Des centaines de civils ont été régulièrement contraints, sous la menace d'armes, de transporter des munitions lourdes et d'autres équipements pour l'armée congolaise. Le 21 juin, des chercheurs de Human Rights Watch ont vu des dizaines de civils forcés de transporter du matériel de Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, vers leurs positions sur les lignes de front au Sud Kivu.

Les arriérés de salaire, le rationnement des vivres et une hiérarchie de commandement équivoque après l'intégration de plus de douze mille anciens combattants rebelles congolais dans les rangs de l'armée début 2009 sont autant de facteurs qui ont favorisé la multiplication des abus contre les civils. Dans le territoire de Kalehe, au Sud Kivu, des soldats qui n'ont pas été payés depuis cinq mois commettent régulièrement des actes de pillage et d'extorsion envers des populations civiles. Le 15 juin, des soldats en colère en raison du non-paiement de leurs soldes ont tenté d'assassiner leur commandant avant d'attaquer une base des Nations Unies à Pinga au Nord Kivu. Le 17 juin, plus de trente soldats armés qui n'avaient pas été payés ont déserté à Ngora, dans le territoire de Walikale.

De hauts gradés de l'armée ont reconnu le problème des arriérés de solde et ont indiqué à Human Rights Watch que les soldats participant aux opérations militaires recevaient maintenant leurs salaires; cependant, Human Rights Watch n'a pas pu vérifier cette affirmation de façon indépendante.

L'intégration dans la haute hiérarchie de l'armée congolaise de personnes impliquées dans des cas de violations graves des droits humains ne fait qu'aggraver la situation des droits humains déjà inquiétante. L'exemple le plus frappant est celui de Bosco Ntaganda, maintenant général au sein de l'armée congolaise et impliqué dans les opérations militaires dans l'Est du Congo alors qu'il est accusé de crimes de guerre et recherché par la Cour pénale internationale.

« L'incapacité du gouvernement à nourrir et à payer ses soldats de façon régulière est presque une incitation à s'en prendre à la population civile », a déclaré M. Roth. « Ensuite, permettre que ces forces armées soient dirigées par des commandants comme Bosco Ntaganda, dont on connaît le passé jalonné de crimes horribles, favorise un climat propice aux atrocités. »

Les populations civiles ne sont pas très bien protégées par les forces de maintien de la paix des Nations Unies

Les forces de maintien de la paix des Nations Unies, la MONUC, ont apporté entre-autres un soutien logistique et une aide pour la planification des opérations de l'armée congolaise baptisées « Kimia II ». Mais, elles n'ont pas exercé suffisamment de pressions sur l'armée congolaise pour l'inciter à mettre un terme aux brutalités et aux abus.

Les forces de maintien de la paix ont lancé une initiative en début 2009, sous la forme d'équipes mixtes de protection, dont le but est de servir de mécanisme d'alerte immédiate dans des zones où les civils risquent d'être la cible d'attaques. Bien que ces équipes aient recueilli des renseignements importants et parfois contribué à réduire le nombre d'abus, les recommandations qu'ils ont adressées aux forces de maintien de la paix des Nations Unies et aux forces congolaises ont été rarement suivies.

Après le massacre de Busurungi du mois de mai dernier, une équipe d'évaluation des Nations Unies s'est rendue dans la région et a recommandé la mise en place urgente d'une base de proximité pour protéger la population locale, mais à ce jour, aucune suite n'a été donnée à cette recommandation et aucune des bases établies dans la région n'a envoyé de patrouilles régulières. Des officiels de l'ONU ont indiqué à Human Rights Watch que cette base allait voir le jour dans les jours qui viennent. Les soldats congolais qui ont fui la région après cette attaque n'ont pas non plus assuré une protection adéquate des civils.

« Les civils qui peuvent être la cible d'attaques rebelles dans la région de Waloaloanda ont été trop longtemps laissés sans véritable protection bien que l'ONU ait identifié cette région comme étant une zone à protéger en priorité », a déclaré M. Roth. « Le commandement de la MONUC ne devrait pas attendre davantage et devrait de toute urgence envoyer des forces de maintien de la paix dans la zone. »

Les soldats de l'armée congolaise et les forces de maintien de la paix des Nations Unies devraient également instaurer les couloirs humanitaires promis qui permettraient à des milliers de réfugiés rwandais et des combattants des FDLR voulant déposer les armes de quitter en toute sécurité les zones de conflit. Les dirigeants congolais et les responsables des Nations Unies ont déclaré que ces personnes pourront traverser en toute sécurité ces zones.

« Les soldats de maintien de la paix des Nations Unies ne doivent pas soutenir les forces armées congolaises qui commettent des crimes de guerre et n'assurent pas la protection des civils et des réfugiés », a déclaré M. Roth. « En continuant de soutenir ce type d'opérations militaires, les forces de maintien de la paix risquent de devenir complices des abus perpétrés. »

© Copyright, Human Rights Watch 350 Fifth Avenue, 34th Floor New York, NY 10118-3299 USA

 http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/STRI-7TKQZ9?OpenDocument

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Augmentation massive du nombre d’attaques contre les populations civiles

fdlrLes soldats de l'armée congolaise appuyés par les forces de maintien de la paix des Nations Unies qui intensifient leurs opérations à l'Est et au Nord de la République démocratique du Congo n'ont pas réussi à protéger les populations civiles contre les attaques brutales et les représailles des rebelles. Au contraire, ils commettent eux-mêmes des attaques et des actes de viols sur la population civile congolaise, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces attaques de civils perpétrées par toutes les parties au conflit ont considérablement accru le nombre de graves violations des droits humains au cours des six derniers mois.

« Les opérations militaires des forces gouvernementales congolaises ont eu des conséquences désastreuses sur les civils, qui sont maintenant attaqués de toutes parts », a déclaré Kenneth Roth, Directeur exécutif de Human Rights Watch, lors d'une visite à l'Est de la République démocratique Congo. « L'État congolais et les Nations Unies doivent prendre des mesures d'urgence pour protéger les populations et éviter que ces violations des droits humains ne s'aggravent. ».

Depuis janvier 2009, les neuf missions d'enquête dépêchées sur les lignes de front par Human Rights Watch ont fait état d'une augmentation spectaculaire des cas de d'attaques sur les populations civiles et d'autres violations des droits humains à Lubero, Rutshuru, Masisi, dans les territoires de Walikale du Nord Kivu, de Kalehe et de Shabunda du Sud Kivu et dans le district du Haut Uélé au Nord du Congo.

Les soldats congolais ont lancé des opérations contre les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur, la Lord's Resistance Army (LRA), en décembre 2008 au Nord du Congo, suivies un mois plus tard par le lancement d'autres opérations à l'Est du Congo contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) constituées de miliciens hutus. Depuis, les forces rebelles et les soldats de l'armée congolaise ont tué en tout plus de 1 500 civils, violé des milliers de femmes et de jeunes filles, enlevé des centaines d'adultes et d'enfants et réduit en cendres des milliers de foyers, parfois même des villages entiers.

D'après les Nations Unies, plus d'un million de personnes en danger de mort ont été contraintes de fuir ces zones de conflit. Ce chiffre vient s'ajouter aux dizaines de milliers de personnes déplacées lors de précédentes vagues de violence. La plupart de ces nouveaux déplacés ont un accès limité voire aucun accès à l'aide humanitaire.

Représailles menées par les FDLR et les groupes rebelles de la LRA

Les FDLR et les combattants de la LRA sont responsables de la plupart des meurtres de civils recensés par Human Rights Watch. Ces deux groupes armés utilisent délibérément des pratiques telles que la terreur et la répression des populations civiles et s'en prennent à leurs biens comme stratégie en représailles des opérations de l'armée congolaise. Les auteurs ou les commanditaires de tels actes sont coupables de crimes de guerre.

Le 10 mai dernier, à titre d'exemple, les combattants des FDLR ont brutalement massacré au moins 86 civils dont 25 enfants, 23 femmes et sept personnes âgées à Busurungi dans la zone de Waloaloanda, dans le territoire de Walikale au Nord Kivu. Vingt-quatre autres personnes ont été grièvement blessées. Certaines victimes étaient attachées, puis exécutées, d'autres abattues et ceux qui essaient de fuir étaient égorgés à coups de couteau ou de machette. Des personnes ont été brûlées vives par les combattants des FDLR qui les ont enfermées dans leurs maisons avant de mettre le feu au village.

Un témoin qui habitait à la périphérie du village et qui s'est enfui avec quatre de ses enfants, a demandé à sa femme d'emmener les autres. « J'étais le premier à sortir, les enfants derrière moi, puis j'ai demandé à mon épouse de me suivre », a-t-il déclaré à Human Rights Watch. « Mais elle n'a pas fait assez vite. Les FDLR l'ont repoussée dans la maison ainsi que ma fille et mon frère avant d'y mettre le feu. Nous entendions leurs cris pendant que nous nous enfuyions. »

Le 12 avril dernier, les FDLR ont mené des attaques similaires à Mianga, dans le territoire de Walikale, tuant 45 civils et décapitant le chef local. Le 25 mai, elles ont tué dix civils à Chiriba dans le territoire de Kalehe. Selon les résultats des recherches menées par Human Rights Watch, au moins 403 civils ont été tués par les FDLR depuis janvier 2009.

La LRA, dont les chefs sont recherchés par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Ouganda, est actuellement stationnée au Nord du Congo où elle continue de perpétrer des attaques violentes contre les populations civiles. Ces attaques ont déjà coûté la vie à plus de mille personnes depuis décembre. Le nombre d'enfants et d'adultes enlevés a augmenté, ce qui pourrait indiquer que la LRA essaie de regarnir ses rangs. Des sources sur place ont révélé que quelque 135 adultes et enfants ont été enlevés par la LRA lors de deux attaques perpétrées début juin à Dakwa.

Les opérations de l'armée congolaise à l'encontre de ces deux groupes transfrontaliers étaient appuyées à l'origine par les forces ougandaises au Nord du Congo et les forces rwandaises à l'Est du Congo et, depuis le mois de mars, par les forces de maintien de la paix de la Mission de l'Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC). Ces troupes n'ont fourni qu'une protection limitée aux civils contre les attaques délibérées et brutales des rebelles.

« Les atrocités commises par les rebelles à l'encontre de civils à l'Est et au Nord du Congo semblent sans fin », a déclaré M. Roth. « Il est temps que l'armée congolaise reconnaisse la nécessité d'intégrer ses offensives militaires à des mesures efficaces de protection des populations civiles vulnérables contre ces mesures de représailles prévisibles. »

Abus commis par l'armée congolaise

Les soldats de l'armée congolaise ont eux aussi perpétré des crimes de guerre contre les civils qu'ils ont délibérément attaqués en les accusant de collaborer avec les FDLR. Ils ont également violé des femmes et des jeunes filles, commis des actes de pillage et contraint illégalement des populations civiles au travail de porteur, réduit des maisons en cendres dans des villages qu'ils accusaient d'abriter des partisans des FDLR.

Fin avril, dans une attaque contre une position des FDLR à Shalio, près de Busurungi, les soldats de l'armée congolaise ont tué un nombre inconnu de membres de familles proches des FDLR et de réfugiés rwandais. Ces tueries pourraient être à l'origine des violentes représailles du 10 mai dernier de la part des FDLR à Busurungi.

L'on note également une recrudescence spectaculaire des cas de viols dans les zones où sont stationnés les soldats congolais. Dans pratiquement tous les centres de santé ou d'orientation des victimes de viols et les hôpitaux visités par Human Rights Watch, le nombre de cas de viol avait doublé voire triplé depuis janvier, le début des opérations militaires dans les provinces du Kivu. Même si tous les belligérants continuent de recourir au viol et à d'autres formes d'abus sexuels, la plupart des cas examinés par Human Rights Watch étaient attribués à l'armée congolaise.

La pratique de l'armée congolaise qui consiste à forcer les civils à exécuter des travaux dangereux les expose à davantage des risques encore. Des centaines de civils ont été régulièrement contraints, sous la menace d'armes, de transporter des munitions lourdes et d'autres équipements pour l'armée congolaise. Le 21 juin, des chercheurs de Human Rights Watch ont vu des dizaines de civils forcés de transporter du matériel de Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, vers leurs positions sur les lignes de front au Sud Kivu.

Les arriérés de salaire, le rationnement des vivres et une hiérarchie de commandement équivoque après l'intégration de plus de douze mille anciens combattants rebelles congolais dans les rangs de l'armée début 2009 sont autant de facteurs qui ont favorisé la multiplication des abus contre les civils. Dans le territoire de Kalehe, au Sud Kivu, des soldats qui n'ont pas été payés depuis cinq mois commettent régulièrement des actes de pillage et d'extorsion envers des populations civiles. Le 15 juin, des soldats en colère en raison du non-paiement de leurs soldes ont tenté d'assassiner leur commandant avant d'attaquer une base des Nations Unies à Pinga au Nord Kivu. Le 17 juin, plus de trente soldats armés qui n'avaient pas été payés ont déserté à Ngora, dans le territoire de Walikale.

De hauts gradés de l'armée ont reconnu le problème des arriérés de solde et ont indiqué à Human Rights Watch que les soldats participant aux opérations militaires recevaient maintenant leurs salaires; cependant, Human Rights Watch n'a pas pu vérifier cette affirmation de façon indépendante.

L'intégration dans la haute hiérarchie de l'armée congolaise de personnes impliquées dans des cas de violations graves des droits humains ne fait qu'aggraver la situation des droits humains déjà inquiétante. L'exemple le plus frappant est celui de Bosco Ntaganda, maintenant général au sein de l'armée congolaise et impliqué dans les opérations militaires dans l'Est du Congo alors qu'il est accusé de crimes de guerre et recherché par la Cour pénale internationale.

« L'incapacité du gouvernement à nourrir et à payer ses soldats de façon régulière est presque une incitation à s'en prendre à la population civile », a déclaré M. Roth. « Ensuite, permettre que ces forces armées soient dirigées par des commandants comme Bosco Ntaganda, dont on connaît le passé jalonné de crimes horribles, favorise un climat propice aux atrocités. »

Les populations civiles ne sont pas très bien protégées par les forces de maintien de la paix des Nations Unies

Les forces de maintien de la paix des Nations Unies, la MONUC, ont apporté entre-autres un soutien logistique et une aide pour la planification des opérations de l'armée congolaise baptisées « Kimia II ». Mais, elles n'ont pas exercé suffisamment de pressions sur l'armée congolaise pour l'inciter à mettre un terme aux brutalités et aux abus.

Les forces de maintien de la paix ont lancé une initiative en début 2009, sous la forme d'équipes mixtes de protection, dont le but est de servir de mécanisme d'alerte immédiate dans des zones où les civils risquent d'être la cible d'attaques. Bien que ces équipes aient recueilli des renseignements importants et parfois contribué à réduire le nombre d'abus, les recommandations qu'ils ont adressées aux forces de maintien de la paix des Nations Unies et aux forces congolaises ont été rarement suivies.

Après le massacre de Busurungi du mois de mai dernier, une équipe d'évaluation des Nations Unies s'est rendue dans la région et a recommandé la mise en place urgente d'une base de proximité pour protéger la population locale, mais à ce jour, aucune suite n'a été donnée à cette recommandation et aucune des bases établies dans la région n'a envoyé de patrouilles régulières. Des officiels de l'ONU ont indiqué à Human Rights Watch que cette base allait voir le jour dans les jours qui viennent. Les soldats congolais qui ont fui la région après cette attaque n'ont pas non plus assuré une protection adéquate des civils.

« Les civils qui peuvent être la cible d'attaques rebelles dans la région de Waloaloanda ont été trop longtemps laissés sans véritable protection bien que l'ONU ait identifié cette région comme étant une zone à protéger en priorité », a déclaré M. Roth. « Le commandement de la MONUC ne devrait pas attendre davantage et devrait de toute urgence envoyer des forces de maintien de la paix dans la zone. »

Les soldats de l'armée congolaise et les forces de maintien de la paix des Nations Unies devraient également instaurer les couloirs humanitaires promis qui permettraient à des milliers de réfugiés rwandais et des combattants des FDLR voulant déposer les armes de quitter en toute sécurité les zones de conflit. Les dirigeants congolais et les responsables des Nations Unies ont déclaré que ces personnes pourront traverser en toute sécurité ces zones.

« Les soldats de maintien de la paix des Nations Unies ne doivent pas soutenir les forces armées congolaises qui commettent des crimes de guerre et n'assurent pas la protection des civils et des réfugiés », a déclaré M. Roth. « En continuant de soutenir ce type d'opérations militaires, les forces de maintien de la paix risquent de devenir complices des abus perpétrés. »

© Copyright, Human Rights Watch 350 Fifth Avenue, 34th Floor New York, NY 10118-3299 USA

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Les néo-panafricanistes et la problématique du gouvernement de l’Union

khaadafiL’actualité en Afrique, sur le plan politique est assurément la question du gouvernement de l’Union africaine. Les derniers sommets des chefs d’Etat tenus, ces derniers jours à Addis Abéba et à Syrte, ont débattu autour de ce projet. Mais, semble-t-il, les débats ont été houleux entre les fédéralistes qui veulent tout de suite ce gouvernement panafricain et les souverainistes qui demandent une mise en place graduelle, autrement dit d’aller vers ce projet par étape.
S’il n’y a pas un consensus sincère, nous risquons de voir, dans un avenir proche, l’Union africaine voler en éclats, ou alors être divisée en deux camps ; comme jadis, du temps des pères fondateurs, avec, à l’époque, le camp des progressistes aligné derrière Moscou et celui des modérés allié de l’Occident.
Il faut cependant se garder de mettre la charrue avant les bœufs d’une part et prendre à bras le corps le règlement des préalables constitués de contraintes et d’embûches sur la voie du gouvernement de l’Union et comme finalité, l’érection d’un Etat fédéral.

L’EVALUATION DES EXPERIENCES PASSEES OU ACTUELLES
L’Afrique connaît ou a connu l’expérience d’Etats fédérés. Le Nigéria est l’exemple type d’un Etat fédéral africain, avec certainement ses réussites, mais à n’en pas douter beaucoup de problèmes liés à la question ethnique, à la religion ou à la répartition équitable des richesses de l’Etat fédéral. Depuis son existence, ce pays connaît en effet des soubresauts de toutes sortes. On se rappelle la guerre de sécession de l’Etat du Biafra. Aujourd’hui, ce pays vit des tensions extrêmement graves de façon sporadique. Récemment, il y a eu des accrochages entre communautés religieuses musulmane et chrétienne, malheureusement avec beaucoup de morts et des dégâts matériels. Sans compter que jusqu’à présent, on assiste à des prises d’otages dans les zones pétrolifères, toujours dans ce pays. Tous ces soubresauts ont comme fondement la question de la Nation. Est-ce qu’il y a en réalité une Nation dans ce pays ? La question de la Nation demeure entière dans beaucoup de pays africains. Et cette question mérite d’être réglée. Elle constitue le principal obstacle sur le chemin de la mise en place d’un Etat fédéral moderne en Afrique.
Sans aller plus loin, l’expérience de la confédération sénégambienne, prouve s’il en est besoin et éloquemment que l’Union est difficile à réaliser en Afrique.
Sur cette lancée, il est bon de rappeler que l’Uma (l’Union du Maghreb arabe) organisation sous-régionale nord africaine est en hibernation depuis des années. Alors, faut-il faire dans la fuite en avant, en voulant coûte que coûte l’effectivité de ce gouvernement de l’Union ? Ou faut-il tirer les leçons des expériences après les avoir évaluées ? Incontestablement, il faut nécessairement faire le bilan de ces expériences en question.

LE PROJET DEMOCRATIQUE EN AFRIQUE
Doit-on parler de l’Afrique ou des «Afrique»? En ce qui concerne la démocratie, l’Afrique est plurielle compte tenu des cadences constatées d’un pays à l’autre vers l’instauration d’un système démocratique. Le continent marque le pas, quant au modèle de gouvernance à envisager. Le système démocratique est universel, il faut en convenir. Il ne peut exister deux modèles. Il y a le gouvernement du peuple, par le peuple. Malheureusement, le chemin est long et semé d’embûches. Une chose est de mettre en place des institutions à caractère démocratique, mais faudrait-il des hommes imbus de culture et de valeurs démocratiques pour en animer le fonctionnement, pour rendre effectif la démocratie. De ce point de vue, un problème de leadership se pose. Par exemple, un homme comme le guide libyen est disqualifié. Kadhafi ne croit pas au modèle démocratique universel, qu’il taxe d’un modèle qui est imposé au continent par l’Occident. N’est-ce pas lui qui, devant, les représentants du peuple sénégalais (les députés) a demandé que le Président actuel soit élu Président à vie ? Cet homme est un antidémocrate, à la limite, c’est un impérialiste qui, devant ses pairs, a une attitude condescendante. Il ne peut pas incarner le leadership pour une convergence vers la création d’un Etat fédéral, en passant par un gouvernement de l’Union.
Cependant, tout n’est pas noir, il y a des lueurs d’espoirs, si petites soient-elles. En effet, ils ne sont pas nombreux, mais il existe sur le continent africain des pays qui se sont résolument engagés et ont opté pour le système démocratique. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, les points de vue vers un gouvernement de l’Union sont divergents.

LES DIFFERENTES POSITIONS VERS UN ETAT FEDERAL
La question de l’Etat fédéral en Afrique n’est pas nouvelle, loin s’en faut. Déjà, au lendemain des Indépendances, au début des années 60, le problème a été posé. Les pères fondateurs des Etats africains ont eu à débattre de la question, à l’époque. Des intellectuels comme le professeur Cheikh Anta Diop ont eu à réfléchir à ce propos. L’éminent égyptologue avait très tôt tracé un canevas de ce que devrait être un Etat fédéral et ses réflexions ont été consignées dans son livre essai traitant de la question.
Il y a une quarantaine d’années déjà que les fondements d’un Etat fédéral ont été débattus, qui firent apparaître à l’époque des positions divergentes sur la question. Comme aujourd’hui, deux positions s’étaient dégagées au sein de l’Organisation de l’unité africaine (Oua), remplacée actuellement par l’Union africaine. D’ailleurs, avec les mêmes positions qu’aujourd’hui, à quelques nuances près. Il y avait effectivement d’une part, les gradualistes qui préconisaient l’Union par cercles concentriques, en passant par les organisations sous-régionales. Le Président Senghor adhérait à cette position. Et d’autre part, ceux qui voulaient l’accélération de la mise en place d’un Etat fédéral. Le Président Nkrumah pouvait être classé comme partisan de cette voie. Ceci, pour simplement dire que ceux qui font preuve de zèle aujourd’hui en s’autoproclamant les chantres d’un gouvernement de l’Union ne peuvent se prévaloir comme les initiateurs d’un acte fondateur dans ce sens. Leur précipitation est on ne peut plus suspecte. Un leadership visionnaire doit être porteur de projet réaliste auquel il croit fondamentalement. C’est en cela que les masses pourront être mobilisées et participer au dit projet avec enthousiasme et détermination. Le contraire ne serait que de l’aventurisme et constituerait, au contraire, un danger pour le futur du continent.
C’est dire en définitive que les tenants de la position qui voudrait la création d’un gouvernement de l’Union «ici et maintenant» sont des néo-panafricanistes. Ils sont nombreux parmi eux, qui se sont alignés par crainte des foudres du guide libyen dont les capacités de nuisance ne sont plus à démontrer. En revanche, leurs vis-à-vis, les gradualistes semblent emprunter le chemin de la sagesse, même si parmi eux, on peut dénombrer certains qui s’accrochent à leur souveraineté réductrice.

DE LA METHODOLOGIE VERS L’EMERGENCE D’UN ETAT FEDERAL
Il serait à la limite suicidaire de vouloir mettre en place un gouvernement de l’Union, sans au préalable régler en amont les questionnements soulevés plus haut, et en éludant la méthodologie à adopter.
Sur le plan politique, le projet démocratique est loin d’être achevé. Certains pays sont sur une voie résolue vers la démocratie, d’autres ne sont démocratiques que de nom. Des régimes autocratiques et autoritaires existent sur le continent. Voilà un problème fondamental à régler à priori, avant de s’engager autour du projet d’un gouvernement de l’Union ou d’un Etat fédéral. Les questions linguistiques et ethniques ne sont pas pour autant réglées et à ce propos, le feu couve en certains endroits du continent. Au Rwanda, la plaie béante de 1994, causée par le génocide n’est pas entièrement cicatrisée. Le Soudan est en guerre, avec des soubassements ethniques au Darfour etc.
Au plan économique, comme cela se fait au niveau des organisations économiques sous-régionales, il faut nécessairement passer par des critères de convergence, ne serait-ce que pour une harmonisation des politiques économiques. Et c’est un travail qui ne peut se faire à court terme, il faut du temps, car c’est tout un processus à boucler.
Au demeurant, il faut le dire, la problématique d’un gouvernement de l’Union ou d’un Etat fédéral, est pertinente. Nous sommes à l’ère des grands ensembles et comme le disait si bien le professeur Cheikh Anta Diop, les Etats nains ne peuvent prospérer. L’histoire lui a donné raison.
Sur le plan politique, c’est dans l’unité que l’Afrique se ferait mieux entendre par le reste du monde, avec par exemple, une seule voix, un seul siège aux Nations Unies.
Au plan économique, le marché serait unique et plus grand avec toutes les opportunités qu’il pourrait offrir. L’agrégation des ressources humaines, financières, économiques, du sol et du sous-sol donnerait à l’Afrique beaucoup plus de poids sur l’échiquier international. Elle pourrait devenir une grande puissance respectée et les conditions de lutter contre le sous-développement et la pauvreté seraient enfin réunies. C’est dire encore une fois que la problématique de l’unité du continent est on ne peut plus pertinente et cela, tout le monde en convient.
Cependant, il faut éviter la précipitation, l’activisme et la démagogie. Il est bon et plus sage d’adopter une méthodologie consensuelle, avec un cahier des charges ou des termes de référence, à la limite avec chronogramme et un deadline pour l’érection d’un gouvernement de l’Union et ultérieurement d’un Etat fédéral. Mais, il faut d’abord trancher le débat en cours entre les gradualistes et les partisans d’un gouvernement de l’Union dans l’immédiat.
Cependant, la sagesse et la responsabilité recommandent d’aller vers un gouvernement de l’Union par étape. Pensons d’abord au renforcement des organisations sous-régionales comme l’Uma, la Cedeao, le Cemac, le Sadc, etc.
L’Union africaine pourrait mettre en place une haute autorité chargée de la coordination de ces organisations sous-régionales et du suivi, éventuellement d’un cahier des charges et enfin du respect du chronogramme vers le gouvernement de l’Union.
Ce qui est inacceptable, c’est qu’un homme ou un groupe d’hommes sans conviction, veuille se servir de ce gouvernement de l’Union pour assouvir des intérêts personnels. Ce sont des néo-panafricanistes qui s’agitent sans conviction.
Serigne Ousmane Beye - Membre du réseau des universitaires Ps
beyeouse@ucad.sn

http://www.lequotidien.sn/index.php?option=com_content&task=view&id=7698&Itemid=22

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Justice: Le TPIR transfert 9 détenus dans une prison béninoise

Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé en Tanzanie, a transféré le week-end dernier au Bénin neuf détenus coupables de génocide, annonce un communiqué publié mercredi au siège de l'ONU, à New York.

Jugés par le TPIR, ils vont purger leurs peines dans une prison de Porto-Novo, la capitale du Bénin.

Quatre d'entre eux, Georges Rutaganda, Gerard Ntakirutimana, Francois Karera et Athanase Seromba, sont condamnés à perpétuité alors que les autres ont écopé des peines allant de 11 à 45 ans.

Le TPIR a été mis en place par le Conseil de sécurité de l'ONU pour juger les Rwandais auteurs présumés du génocide de 1994 qui avait fait 800.000 morts, essentiellement des Tutsis et des Hutus modérés.
New York - 02/07/2009

Pana

http://www.afriquejet.com/afrique-de-l'ouest/benin/justice:-le-tpir-transfert-9-detenus-dans-une-prison-beninoise-2009070230904.html

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jeudi 2 juillet 2009

Les rwandais du Sénégal assoiffés de paix et d’unité

47e ANNIVERSAIRE DE L’INDEPENDANCE DU RWANDA

par Cherif FAYE | SUD QUOTIDIEN , jeudi 2 juillet 2009

La communauté rwandaise a célébré le 47e anniversaire de leur pays en terre sénégalaise à Dakar. L’union des ressortissants rwandais a regardé dans le rétroviseur en interrogeant le passé historique du pays de la période pré-coloniale à l’indépendance. Par une conférence animée hier mercredi 1er juillet 2009 à la Piscine olympique par le Sociologue Malick Ndiaye, ils ont démontré leur amour pour l’unité et la paix.

Les membres de l’Union des Ressortissants Rwandais au Sénégal sont en quête d’unité et de paix. Ils demandent la réconciliation et regrettent profondément les douloureux évènements de 1994. C’est en célébrant le 47e anniversaire de leur pays en terre sénégalaise, hier mercredi 1er juillet 2009 à la Piscine olympique, que les Rwandais ont démontré leur volonté de réconciliation. Sur un thème animé par le sociologue Malick Ndiaye, ils ont ressassé le passé historique de leur pays compris entre la période pré-coloniale et l’indépendance.

« Le problème du Rwanda est une morsure interne à l’humanité. Ce n’est pas un problème spécifiquement rwandais. Il relève de la responsabilité humaine. C’est un événement qui a démontré que l’homme pouvait bel et bien devenir un loup pour l’homme, à l’exemple des évènements entre le Sénégal et la Mauritanie en 1989 », a souligné Malick Ndiaye. « C’est l’humanité toute entière qui a trinqué au Rwanda comme en Allemagne durant la période nazie », a-t-il renchéri en invoquant un devoir de mémoire envers les victimes. « Le devoir de mémoire permet de lutter contre l’oubli imposé par une mémoire sélective. Il prépare les bases du véritable pardon et de la réconciliation », a-t-il poursuivi.

Selon lui, le problème du Rwanda doit être l’élément unificateur de toute l’Afrique. « Faisons tous ensemble notre introspection pour que plus jamais cela ne se reproduise. La bête née au Rwanda ne doit pas survivre. Il faut lui couper la tête et les jambes. Toutefois, nous pouvons jeter un regard sur le rétroviseur pour regarder en face les raisons qui ont conduit au chaos afin de les éviter », a déclaré Malick Ndiaye. Il a expliqué la manière par laquelle la tutelle coloniale belge a travaillé sur les relations internes au Burundi et au Rwanda. « La tutelle coloniale a divisé les populations pour mieux régner. Elle a institué une dynamique de construction identitaire en favorisant une ethnie sur une autre en cristallisant les différences ethniques », a-t-il intimé devant l’assistance.

Le modérateur de la conférence, Sylvestre Ntahondereye a expliqué que le colon a utilisé des appellations liées à des activités pastorales (les Tutsis sont des éleveurs et les Hutus des paysans) en à faisant des catégories ethniques. Samuel Hakizimana, Président de l’Union des ressortissants rwandais au Sénégal a demandé la réconciliation. « Plus jamais ça, ni en Afrique, ni ailleurs dans le monde », a-t-il laissé entendre.

http://www.sudonline.sn/spip.php?article19148

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