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Rwanda par Cathy et José

L'Amour entre deux familles que le hasard a réuni .

vendredi 29 août 2008

Blog au repos du 29 Août au 28 Septembre

Nous informons nous chères lectrices et nos chers lecteurs que notre Blog ne sera pas mis à jour pendant la période du 29 Août au 28 Septembre pour raison de "congés" . Vous pourrez y laisser vos commentaires mais ils n'apparaitront qu'à notre retour, chaque commentaire étant vérifié . Nous espérons que vous voudrez bien nous pardonner et vous retrouver nombreux sur notre Blog dès notre retour .

Avec nos remerciements pour votre fidèlité,

Amicalement

Cathy et José

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jeudi 28 août 2008

RDC: 5 éléphants tués dans un parc

Kinshasa-Deux éléphants ont été abattus la semaine dernière dans le Parc national des Virunga (PNV), au niveau du secteur de Mugomba, rapporte l'ONG locale Innovation pour le développement et la protection de l'environnement



Dans un communiqué transmis Editoweb, l'ONG indique que ce chiffre porte à cinq le nombre total des éléphants tués par les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) au cours de la semaine dernière dans cette partie du parc situé entre Kiwanja et Kanabayonga (territoire de Rutshuru).

Selon IDPE, une trentaine de pachydermes ont été abattus par les groupes armés ainsi que par les Forces armées de la RD Congo (FARDC), présents dans le parc depuis le début de cette année.

Source: Yahoo News


Mardi 26 Août 2008 - 19:13

Awa Diakhate

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Championnat d’Afrique (-17ans): début de la 1re phase éliminatoire

APA-Alger, (APA) La phase éliminatoire du championnat d’Afrique des nations (-17ans) de football, dont la phase finale aura lieu en Algérie en 2009, débutera ce week-end à travers les terrains du continent, avec le 1er tour (aller) qui comprend des matchs assez équilibrés.

Sur quatorze matchs au programme de ces éliminatoires, figurent, notamment Côte d’Ivoire-Sénégal prévu à Abidjan, Tunisie-Burkina Faso, Zambie-Namibie, Mali-Niger, ou autres Cameroun-Gabon et Soudan Rwanda.

Le tournoi final, qualificatif au championnat Mondial de la catégorie de la Fifa, aura lieu en Algérie du 29 mars au 3 avril 2009, et devra regrouper huit équipes qui seront réparties en deux groupes de quatre chacune.

Programme du 1er tour préliminaire:

Soudan - Rwanda Tunisie - Burkina-Faso Zimbabwe - Réunion Angola - Botswana Afrique du Sud - Malawi Zambie - Namibie C.d’Ivoire - Sénégal Mali - Niger Gambie - Sierra-Leone Ghana - Libye Nigeria - Bénin Guinée - Guinée Bissau Cameroun - Gabon Erythrée - République du Congo .

AEK/mn/APA
27-08-2008

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La « guerre révolutionnaire » menée par la France au Rwanda

Par Rue89 | 27/08/2008 | 15H45

En donnant un point de vue rwandais sur le génocide, le rapport de la commission Mucyo (dont Rue89 a publié et commenté des extraits) nous montre que la France a bien mené une guerre secrète entre 1990 et 1994 sur le mode de la stratégie indirecte. Cette guerre s’inspire d’une doctrine bien connue dans les états-majors : la « guerre révolutionnaire ».

Une doctrine inventée en Indochine…

Pour comprendre l’histoire militaire du Rwanda, il faut remonter à la période des indépendances. Plus précisément à 1953, en Indochine, où l’armée française découvre la doctrine de la "guerre révolutionnaire" (DGR) grâce à un officier de la coloniale : Charles Lacheroy.

A lire aussi

La matrice intellectuelle de la "guerre révolutionnaire"
Génocide rwandais : décryptage du rapport qui accable la France

Sur le front de la guérilla communiste du Viet Minh, Lacheroy comprend qu’une série de « hiérarchies parallèles » parvient à faire basculer la population en faveur des rebelles communistes, contre l’une des meilleures armées du monde. Le Viet Minh, a remarqué Lacheroy, accompagne chaque individu « du berceau jusqu’à la tombe », par trois hiérarchies distinctes :

  • Le« Lien Viet », pyramide d’associations de toutes sortes (jeunesses masculines ou féminines, vieux, associations professionnelles…).

  • Une autre basée sur le découpage colonial du territoire (village, province, région), qui supplante l’administration locale « vermoulue », comme le dit Lacheroy ; contrôle la circulation des habitants, organise l’hygiène, l’instruction, ainsi que l’autodéfense des populations ; et permet ainsi l’engagement des guérillas sur les arrières du Corps expéditionnaire français.
  • Une troisième hiérarchie coiffe et contrôle les deux autres, celle du parti communiste, dont 10% de la population sont membres, et où de jeunes cadres sont acquis à la cause par les méthodes d’une propagande associant « le fanatisme, l’intérêt et la crainte », précise l’officier.

Lorsque la France perd ce conflit, le colonel Lacheroy devient rapidement le maître à penser de l’Ecole de guerre de Paris. Il conseille le ministre de la Défense et se lance dans la création des cinquièmes bureaux d’Action psychologique. A partir de 1956, la France conduit une « guerre révolutionnaire » sur le territoire algérien. Avec le FLN, elle s’estime confrontée à une guérilla politico-militaire, rurale et urbaine, où il faut remporter la bataille « des coeurs et des esprits » en « tenant la population ».

… appliquée dans l’Afrique des indépendances

Quel rapport avec le Rwanda, vous dites-vous ? Les parallèles sont si nombreux qu’ils dépassent de loin le statut de coïncidences bénignes. Lorsque le processus de l’indépendance rwandaise commence en 1959, Bruxelles envoie à Kigali deux de ses meilleurs officiers de la Force publique (les troupes coloniales belges du Congo).

Le rôle du lieutenant-colonel Guy Logiest est connu, celui du major Louis Marlière a laissé moins de traces. Chef du Deuxième Bureau (renseignement) de Léopoldville - il portera Mobutu au pouvoir avec l’aide de la CIA après avoir fait torturer et assassiner Patrice Lumumba-, il fait des allers-retours sur Kigali pour bâtir un Etat garnison.

Quel est son modèle ? La « guerre révolutionnaire » qu’il a longuement observée sur le terrain, avec l’armée française : sur les hauts-plateaux du Laos (du 23 février au 18 juin 1954), puis pendant quinze jours en 1959 au Centre d’instruction à la pacification et à la contre-guérilla d’Arzew en Algérie (CIPCG). La lecture de ses deux rapports de missions est édifiante. Dès 1954, il écrit :

« La guérilla, forme de guerre la plus probable et la plus efficace en Afrique, ne se gagne qu’avec l’appui total de la population. »

En 1957, un exercice conjoint associant officiers belges, britanniques, portugais et français se déroule au Katanga, province du Congo. Le programme de Tornade est limpide :

  • mettre au point le plan troubles généralisés de la province du Katanga
  • étudier le problème de la collaboration entre les autorités civiles et militaires
  • appliquer la tactique de la guérilla et de la contre-guérilla en brousse
  • exécuter une opération de rétablissement de l’ordre public dans un centre urbain

Logiest et Marlière participent à l’exercice. Deux ans plus tard, ils appliquent le « plan troubles » à la lettre au Ruanda-Urundi. Le pays devient un état à parti unique, dont les opposants sont pourchassés sur la base d’une idéologie raciale non assumée, mais bien réelle car l’ennemi est là, sous les traits du « communiste tutsi ».

Les Français prennent le relais des Belges

Lorsque les Français prennent pied au Rwanda, en 1975, ils fondent leur présence sur un premier triptyque : un accord particulier d’assistance militaire pour « organiser et instruire » la gendarmerie rwandaise, des fournitures d’armes et de bonnes relations (un avion Caravelle et son équipage) avec le général-président Juvénal Habyarimana.

Pourquoi la gendarmerie ? Officiellement, parce que la police a été dissoute la veille du coup d’Etat de juillet 1973. Mais, comme nous l’ont confirmé plusieurs officiers supérieurs rwandais de cette époque, la gendarmerie est l’arme idéale pour mettre en place des réseaux de renseignements efficaces. Elle va être l’interface entre l’armée et la population.

Jusqu’en 1990, ce modèle fonctionne exactement comme celui des « hiérarchies parallèles » décrit par le colonel Lacheroy :

  • Le premier axe du pouvoir assure le contrôle vertical et militaire de la population, par le biais de la planification de la Défense interne du territoire (DIT).

    En temps de paix, la gendarmerie renseigne en articulation avec la police communale et protège l’ordre public. En temps de crise, elle passe aisément sur le mode militaire, les forces armées dans leur totalité peuvent alors encadrer et mobiliser la population pour faire la guerre.

  • Le deuxième axe est horizontal. C’est celui du découpage administratif parfait de ce petit pays (approximativement, la taille de la Bretagne) très peuplé (près de 10 millions d’habitants). En septembre 1974, le décret-loi sur l’organisation communale change la désignation du bourgmestre (nommé par le général-président de la République) et affine la pyramide administrative : préfecture, secteur, commune, cellule.

    Une cellule égale 10, 50, parfois 100 familles sur une colline ou dans un quartier. Organisation qui n’est pas sans rappeler le mode de contrôle des populations préconisé par le colonel Trinquier lors de la bataille d’Alger : le Dispositif de protection urbaine (DPU).

  • La troisième hiérarchie de contrôle est politique, avec le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), le parti unique au service de son « président-fondateur ». A sa création, en janvier 1976, on peut lire dans La Relève, organe officiel du régime :

    « Chaque colline, chaque quartier de ville, habités par plus de 50 familles, chaque établissement ou entreprise tant public que privé occupant plus de 30 travailleurs et agents constituent des cellules de base du Mouvement. L’oeil du Mouvement est le militant. »

Cette dernière hiérarchie contrôle les deux précédentes, comme l’a écrit Lacheroy. La DGR est d’ailleurs abondamment citée et étudiée par les élèves-officiers de l’Ecole supérieure militaire (ESM) de Kigali. Là aussi, les thèses des élèves et les cours de leurs professeurs, parfois belges, foisonnent de références françaises.

Paris soutient une dictature « pure, dure et cruelle », pour reprendre les termes de Lacheroy. Tout le monde le sait, à commencer par le président François Mitterrand, qui fut ministre de l’Intérieur en 1954, puis ministre de la Justice en 1956 chargé de défendre au Parlement la loi accordant les pleins-pouvoirs à l’armée en Algérie.

En Afrique, la guerre noire des militaires français

Venons-en au débat qui nous occupe aujourd’hui. Tout ce savoir-faire, les soldats français ne l’ont jamais perdu. Malgré l’interdiction d’enseignement de la DGR sur le territoire métropolitain, imposée par De Gaulle après le putsch des généraux (1961), malgré les alternances politiques, les corps d’élite (des troupes de marine, de la légion, et de la gendarmerie,) conservent cet acquis, surtout en Afrique.

Or, lorsqu’ils découvrent le conflit rwandais en 1990, les officiers français engagés au côté du régime Habyarimana font un constat sans appel des forces en présence (voir document).

D’un côté, une armée faible (5000 hommes), peu motivée et mal équipée. De l’autre, une rébellion formée dans les maquis, experte en renseignement (Paul Kagamé était alors le chef du renseignement militaire de l’armée ougandaise), disciplinée, motivée et adepte du coup de force audacieux.

http://www.rue89.com/files/20080827rwandahistoire.pdf

A chaque offensive du FPR, le scénario se répète : attaque spectaculaire des rebelles sur un objectif, déroute des Forces armées rwandaises (FAR), constitution d’un front intérieur sur le territoire rwandais, tentative de reprise en main par les troupes françaises, représailles sur les civils en arrière de la ligne de front, et retour aux négociations politiques dans le cadre des conférences d’Arusha.

Mais à chaque fois aussi, les violences contre les populations civiles montent d’un cran, tout comme l’intensité de la propagande raciste. Jusqu’à ce qu’un groupe d’officiers rwandais extrémistes, rassemblés autour du colonel Théoneste Bagosora, prennent les choses en main avec leurs homologues français directement intégrés dans les états-majors et impliqués dans l’entraînement des combattants des FAR.

Un dispositif défensif et un dispositif offensif

Compte tenu de la faiblesse chronique des FAR, les tacticiens n’ont pas vraiment le choix et réagissent avec leur savoir-faire et près d’un demi-siècle d’expérience de la « guerre froide-chaude » sur le continent africain.

C’est d’ailleurs ce qui ressort du rapport de mission effectué par le colonel Gilbert Canovas au premier trimestre 1991. Comme l’a parfaitement souligné la mission d’information parlementaire (p.156), l’officier du 1er RPIMa propose la mise en place d’un dispositif complet de « mesures visant notamment à améliorer l’organisation, le renseignement et la formation des forces de l’armée rwandaise». Voici le passage des « conseils donnés aux FAR » :

Cliquez ici pour afficher le texte de l’extrait

Dans un rapport qu’il établit le 30 avril 1991 sur les forces armées rwandaises, le Colonel Gilbert Canovas préconise un certain nombre de mesures visant notamment à améliorer l’organisation, le renseignement et la formation des forces de l’armée rwandaise. En annexe de ce rapport, il dresse le bilan des visites qu’il a effectuées dans la première quinzaine de février 1991 dans l’ensemble des secteurs opérationnels.

Au terme de cet audit, le Colonel Gilbert Canovas suggère au Chef d’état-major de l’armée rwandaise la création de cinq zones de défense, dont la configuration serait fonction du type de menace, la zone de Kigali disposant d’une réserve générale. Il insiste par ailleurs sur la formation, l’encadrement des troupes et le contrôle de l’instruction.

Le Colonel Gilbert Canovas établit ensuite pour chaque secteur opérationnel un bilan de situation, en février 1991, dans lequel il souligne les difficultés rencontrées dans la zone et propose des solutions concrètes pour améliorer la sécurité et l’efficacité de chaque dispositif.

Dans le secteur de Mutara, en majorité hostile aux FAR, il indique qu’environ 150 000 personnes ont été déplacées. Il suggère la mise sur pied d’un élément d’intervention rapide.

Dans le secteur de Gisenyi, il propose un meilleur emploi de la Gendarmerie, dont il constate qu’elle est écartée de la mission de défense du secteur, plutôt pour des raisons politiques que stratégiques.

Dans la zone de Ruhengeri, il note " la hargne " et " le zèle " des populations lors des opérations de ratissage et de contrôle routier, mais aussi le découragement et la peur de tous ceux qui se sont enfuis de chez eux pour se regrouper dans des lieux plus urbanisés. Il propose, pour remédier à l’insécurité de ces populations, vivant au sud du Parc des Volcans, " la mise en place de petits éléments en civil, déguisés en paysans, dans les zones sensibles, de manière à neutraliser les rebelles généralement isolés ".

Dans le secteur de Rusumo, il préconise la sécurisation du Pont de l’Akagera avec l’installation de projecteurs et d’une mitrailleuse supplémentaires, ainsi que le piégeage des accès possibles par la vallée.

Enfin, dans le secteur de Byumba, il relève notamment la difficulté de contrôler un front très large et très accidenté. Il suggère de " valoriser le terrain en piégeant des carrefours, confluents de thalwegs et de points de passage possibles de l’adversaire ". Il note sur ce point particulier qu’il s’agit d’une " mesure en cours d’exécution avec la participation du détachement Noroît".

La ville de Kigali lui semble souffrir de mauvaises liaisons radio ou téléphoniques et ne dispose pas de réserve d’intervention locale.

Si les rapporteurs de la Mission ont tenu à développer cette présentation faite à l’époque par le Colonel Gilbert Canovas, conseiller du Chef d’état-major de l’armée rwandaise, c’est parce qu’elle leur est apparue typique du travail accompli par l’armée française auprès des autorités militaires rwandaises. Celui-ci témoigne, en effet, d’une connaissance très concrète des réalités et des lieux. Les suggestions destinées à combattre l’ennemi que l’on sent très proche, se mêlent aux réflexions générales de conception et d’organisation valables à plus long terme, indépendamment d’un contexte de crise.

Autrement dit, un véritable dispositif défensif de quadrillage du territoire en milieu rural. Le dispositif offensif va être élaboré en trois étapes, principalement sous la houlette des officiers extrémistes proches du colonel Bagosora :

  1. Dès décembre 1991, le président Habyarimana demande à cet officier de présider une commission chargée de répondre à la question suivante :

    «Que faut-il faire pour vaincre l’ennemi sur le plan militaire, médiatique et politique ? »

    Après plusieurs séances de travail, un document est rédigé puis diffusé à partir de septembre 1992, dans toutes les unités des FAR. Ce document de «Définition de l’ennemi » détaille la nature de l’adversaire, le « Tutsi de l’intérieur » et les « Hutu mécontents du régime en place », mais aussi les « sans emploi », les « étrangers mariés aux femmes Tutsi », les « peuplades nilo-hamitiques de la région » et les « criminels en fuite ». L’ennemi est bien défini sur une base idéologique non seulement politique, mais surtout raciale.

  2. Au cours du premier trimestre 1993, Théoneste Bagosora écrit sur son agenda un plan complet de « défense collective contre la subversion », rebaptisée « autodéfense civile ». Sur une trentaine de pages, tout y passe : les armes, le rôle de la radio qui n’est politiquement plus sûre, l’encadrement des miliciens par la police communale, le rôle des réservistes. Le 13 février, il note aussi :

    « Amnistie générale pour tous les crimes de guerre notamment. »

  3. Janvier 1994, la confession d’un informateur auprès du service de renseignements de la Minuar (la force de l’ONU) permet de découvrir l’existence de caches d’armes dans Kigali, dans des locaux du MRND, et l’existence de listes permettant « d’éliminer un millier de Tutsis et démocrates hutus à Kigali dans la première heure après le déclenchement des troubles ». L’ONU sait, mais ne fera rien.

Le plan du conflit est prêt. A Maisons-Laffitte, au siège de la Force d’action rapide, chaque vendredi, le bureau renseignement de l’Etat-major fait un tour d’horizon des points de tension dans le monde.

Dans les semaines qui précèdent le mois d’avril, les alertes se multiplient sur le Rwanda. Toute la chaîne hiérarchique politico-militaire française sait que ce pays est une poudrière, que la guerre y sera beaucoup plus meurtrière, car là-bas, elle se fera avec la masse mobilisée, dans le peuple rwandais et contre lui.

Gabriel Périès, politiste et David Servenay, journaliste, ont co-écrit « Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994) », La Découverte, 2007

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mercredi 27 août 2008

RWANDA: Une paix durable, condition essentielle à la réconciliation

2008082515KIGALI, 27 août 2008 (IRIN) - Près d’une décennie et demie après le génocide rwandais, les efforts de réconciliation reposent sur des systèmes culturels traditionnels, mis en place pour établir un lien de confiance entre les communautés, mais cela n’empêche pas les rescapés du génocide et les juges du système judiciaire « gacaca » de continuer à être pris pour cibles.

« Contrairement au modèle préconisé par la commission Vérité et réconciliation, nous employons des modèles typiquement nationaux de réconciliation en raison de la nature du conflit, "fondé sur la haine" », a déclaré à IRIN Fatuma Ndangiza, secrétaire exécutive de la Commission nationale d’unité et de réconciliation (créée par le Parlement en mars 1999), à Kigali, la capitale.

« On a tendance, après les conflits, à s’attendre à ce que des solutions soient apportées par des tierces parties, ce qui crée une dépendance et un manque de viabilité », a expliqué Mme Ndangiza.

« L’Ingando » fait partie des initiatives traditionnelles lancées pour instaurer une confiance entre les communautés ; il consiste à organiser des retraites de réconciliation d’un mois pour les personnes qui reviennent dans leurs anciennes communautés après avoir été jugées.

« On les met dans un contexte où ils [les rescapés et les responsables du génocide] vivent ensemble, étant donné que le conflit était basé sur des stéréotypes », a-t-elle indiqué. « Lorsque les populations sont en Ingando, elles peuvent choisir de participer à "l’Umuganda", pour consolider cette confiance ».

Dans le cadre de l’Umuganda, les populations participent à des travaux communautaires tous les derniers samedis du mois, pour renforcer leur cohésion. « C’est un devoir civique de participer à l’Umuganda pour assurer que tout le monde prenne part à la réconciliation et au développement », a-t-elle estimé.

Les défis de la réconciliation

Mais le chemin vers la réconciliation est semé d’embûches. « Un million de personnes ont contribué au génocide, qui doivent être jugées et vivre ensuite aux côtés des victimes. Ce n’est pas facile », a expliqué Mme Ndangiza.

La pauvreté et l’analphabétisme comptent également parmi les obstacles à surmonter. « La plupart des auteurs du génocide sont pauvres [...] l’élite a planifié [le génocide] mais elle a manipulé les masses », selon Mme Ndangiza. « Si vous voulez instaurer une paix durable, il faut assurer une société équitable ».

« Il faut également récrire l’histoire afin qu’elle ne soit pas enseignée de manière à manipuler, mais bien à servir de leçon », a-t-elle recommandé.

Un livre d’histoire est en cours d’écriture qui servira de manuel et sera adopté par le ministère de l’Education.

Des cas de représailles à l’encontre des rescapés du génocide et des juges des tribunaux « gacaca » sont fréquemment signalés.

Les autorités rwandaises ont créé les Gacaca, tribunaux rwandais traditionnels, pour juger un certain nombre des auteurs de crimes commis au cours du génocide, et désengorger ainsi le système carcéral.

Au moins 170 rescapés du génocide ont été tués depuis 1998 et 14 décès ont été recensés depuis janvier, selon Benoît Kaboyi, secrétaire exécutif d’Ibuka, une organisation qui chapeaute diverses associations de rescapés.

« Ceux qui continuent de commettre ces crimes doivent être punis », a estimé M. Kaboyi, ajoutant que les personnes traumatisées avaient également besoin de recevoir des soins psychosociaux.

Selon les estimations du gouvernement rwandais, au moins 937 000 personnes ont été tuées au cours du génocide, entre avril et juillet 1994. Des centaines de milliers de femmes et de filles ont été victimes de différentes formes de violence sexuelle. « Des initiatives sont menées à l’heure actuelle pour que justice soit faite, mais il faut en faire plus », a-t-il expliqué.

« Parfois, nous avons besoin de preuves et ceux qui [en] fournissent reçoivent des menaces ; un certain nombre de juges ont également été tués », a indiqué Denis Bikesha, directeur de la formation, de la mobilisation et de la sensibilisation au service national des tribunaux gacaca.

Des postes de police ont été ouverts dans les régions où certaines personnes recevaient des menaces, a-t-il assuré.

Il arrive également que certains témoins ne soient pas honnêtes, et il y a également des cas de corruption, pratiquée pour faire en sorte que des individus « coupables » deviennent « innocents », a expliqué M. Bikesha.

Tribunaux traditionnels

À la fin de l’année 2007, 1 059 298 affaires avaient été jugées devant les tribunaux gacaca. Les premiers procès ont été ouverts dans l’ensemble du pays le 15 juillet 2006, et au moins 1 127 706 affaires ont été entendues. Au moins 30 pour cent des inculpés ont été déclarés innocents.

Depuis juin, les tribunaux sont également habilités à juger les affaires de viols et de meurtres, tentatives de meurtre et complicité de meurtre. Les principaux leaders et organisateurs du génocide sont jugés devant les tribunaux classiques.

Les tribunaux gacaca jugeaient auparavant les affaires liées aux biens, à la torture et à l’incitation. « Nous en avons presque fini avec ces affaires-là », a indiqué M. Bikesha.

Il a dit s’attendre à ce que l’ensemble des affaires de viols et de meurtres (il y en aurait plus de 10 000, selon les estimations) soient jugées d’ici à la fin de l’année 2009.

Selon Mme Ndangiza, le processus de réconciliation exige un engagement constant. « Il y a, au sein de la société, des extrémistes qui adhèrent encore à l’idéologie du génocide ».

« Il est difficile de mesurer les progrès accomplis dans le cadre de la réconciliation », a-t-elle indiqué. « Il est néanmoins encourageant de voir que les gens parviennent désormais à cohabiter dans des établissements mixtes ».

Des sommets nationaux sur la réconciliation sont également organisés tous les deux ans pour surveiller et évaluer l’évolution du processus, a-t-elle indiqué. Le Rwanda a adopté des lois contre la discrimination et l’idéologie du génocide, qui prévoient des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité.

« Nous contrôlons également les discours des politiciens pendant leurs campagnes », a indiqué Mme Ndangiza. « Les identités ethniques peuvent être destructrices si elles ne sont pas bien gérées ».

Selafina Mukoimbtizi, habite dans un de ces établissements collectifs pour les rescapés et les anciens déplacés internes (connus sous le nom « d’umudugudu ») dans la région de Kimiroko, à la périphérie de Kigali. Elle a confié à IRIN qu’elle avait pardonné ceux qui avaient tué deux de ses enfants pendant le génocide.

« Nous les rencontrons et nous les voyons [les auteurs des meurtres] dans le coin [...] au moins, ils ont reconnu leurs erreurs et nous leur avons pardonné », a-t-elle dit. « Nous sommes habitués à cette vie, maintenant, parce que nous ne pouvons pas revenir en arrière et changer le cours des choses », a-t-elle ajouté.

aw/sr/nh/ail

2004420

2008082513

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Génocide rwandais : décryptage du rapport qui accable la France

Rue89

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Charnier de l’école de Nyarubuye, Rwanda, 1995. Photo M. Bührer

26 août 08 - L’enquête menée par une commission rwandaise détaille le rôle de la France avant, pendant et après les massacres de 1994

Gabriel Périès, David Servenay*/Rue 89 - La France n’a pas commenté officiellement la publication du rapport Mucyo sur le génocide rwandais, se contentant d’un communiqué du ministère des Affaires étrangères dénonçant des « accusations inacceptables ». Rue89 en publie les extraits significatifs du texte élaboré à Kigali, avant d’en commenter les conclusions.

Fort de ses 331 pages [téléchargeable en pdf ci-dessous], le rapport de la « Commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves montrant l’implication de l’Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994 » est composé de trois parties : avant, pendant et après le génocide.

En préambule, il compare l’attitude des grandes puissances, notamment la Belgique et les Etats-Unis, et le rôle joué par chacune d’entre elles à l’ONU. Kigali n’épargne pas les alliés de la France, mais note que Paris occupe une place particulière dans cette affaire (p.13) :

« Si les acteurs internationaux dont l’action vient d’être passée en revue ont collectivement une part de responsabilité dans l’inaction internationale face au génocide, cette responsabilité ne saurait être analysée au même plan que rôle de la France.

« Nombre d’études antérieures à l’enquête de la Commission ainsi que le travail de cette dernière montrent que l’action française diffère fondamentalement par son ampleur et dans sa nature. »

La France entre en guerre face à une rébellion

Premier acte : l’offensive de la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR), venant d’Ouganda, ouvre un front au nord du Rwanda en octobre 1990. La France n’arrive pas à saisir la nature exacte de cette offensive. S’agit-il d’une offensive ougandaise ou de rebelles Tutsis appuyés de l’intérieur ? Ambiguïté qui parcourt l’ensemble du rapport.

Après une rapide percée, le FPR bat en retraite sous l’assaut conjugué des troupes françaises et zaïroises, venues soutenir le régime du président Habyarimana. La Mission d’assistance militaire (MAM) se retrouve engagée dans des opérations de guerre et de contre-guérilla, sur le mode du « conflit de basse intensité », sans que cela ne soit reconnu officiellement par la France (p.18) :

« Un courrier secret du ministère rwandais des Affaires étrangères référencé n° 268 du 23 novembre 1990 confirme d’ailleurs le zèle manifesté par des officiers français engagés dans les combats contre le FPR, lequel prend en partie sa source dans cette consolidation des liens existant entre les deux armées :

« Le gouvernement rwandais évalue à sa juste valeur l’apport de l’assistance militaire de la France au Rwanda. Il apprécie l’appui moral, technique et tactique que les officiers français et en particulier le chef MAM, le colonel Galinié et le lieutenant-colonel Canovas ont apporté à leurs camarades rwandais depuis leur arrivée en terre rwandaise et spécialement au cours de la guerre d’octobre 1990 imposée au peuple rwandais par des assaillants venus de l’extérieur.

« Ces officiers ont renforcé les liens amicaux et fraternels avec les cadres des forces armées rwandaises pour l’intérêt de nos deux pays et ont acquis leur totale confiance. L’armée et toute la population rwandaises sont heureuses de compter ainsi sur de vrais amis et leur en savent gré ». »

La France n’a d’ailleurs pas attendu cette première attaque pour accroître considérablement ses livraisons d’armes au régime. Comme le montre le tableau récapitulatif (p.20), les livraisons passent de 19 millions de francs en 1988, à 116 millions en 1989 et 191 millions en 1990. Les services de renseignements ont donc anticipé la radicalisation des actions des réfugiés rwandais d’Ouganda.

Très vite, sur décision du président François Mitterrand, une politique de soutien se met en place qui s’articule principalement autour d’une coopération militaire renforcée, dont l’objectif est d’amener chaque camp à faire des concessions pour négocier.

L’un des meilleurs connaisseurs du dossier, un diplomate nommé Dominique de Villepin, résume ainsi cette « vision » dans une note du 24 juillet 1992 (Villepin est alors directeur-adjoint des Affaires africaines et malgaches au Quai d’Orsay) :

« L’action de la France au Rwanda est guidée par une volonté de stabilisation et un souci d’apaisement. Elle comporte un volet diplomatique et un volet militaire. Le premier nous a amenés à encourager le processus d’ouverture au Rwanda et à soutenir les efforts régionaux de paix ainsi que le dialogue entre les parties en conflit. ]…]

» Le second, complétant le premier, nous a conduits à dépêcher des militaires sur place, afin de protéger nos ressortissants, et à intensifier notre coopération militaire auprès de l’armée rwandaise. La déstabilisation du Rwanda, si elle se produisait, sonnerait en effet le glas du processus de démocratisation, dans un contexte d’exacerbation des tensions communautaires. »

A chaque fois que le FPR lance une attaque surprise, le soutien français se renforce, changeant à la fois de nature et de dynamique. Plus le conflit se durcit, plus le soutien devient secret et « indirect » comme disent les stratèges.

Services de renseignements et forces spéciales

Outre l’envoi de plusieurs régiments parachutistes pour sécuriser la capitale et protéger les ressortissants français, cette coopération comporte plusieurs volets plus ou moins clandestins. S’appuyant sur une note du chef des renseignements militaires rwandais, le rapport note (p.39) :

« Des documents montrent que dès fin 1992, une coopération de plus haut niveau a été renforcée entre la Direction Générale de la Sécurité Extérieure française, la DGSE, et la Direction de la Sûreté extérieure rwandaise. Dans la réalisation de cette coopération, le Rwanda a été appuyé par le colonel Didier Tauzin (alias Thibault), qui est un ancien cadre de la DGSE, et qui, de 1990 à fin 1993, est conseiller militaire du président Habyarimana.

Elle a été également facilitée par les relations très proches qui existent entre le Chef de la mission d’assistance militaire au Rwanda, le colonel René Galinié, et le Chef des renseignements militaires rwandais, le commandant gendarme Pierre-Claver Karangwa. »

Autre volet, dès mars 1991, la mise en place d’un Détachement d’assistance militaire et d’instruction (Dami), qui ne sera pas publiquement annoncé (p.27), une force dont l’objectif est de mettre à niveau les faibles Forces armées rwandaises (FAR) :

« Le Dami gendarmerie forme les gendarmes au maintien de l’ordre et participe à la collecte de renseignements, notamment à travers le DAMI police judiciaire. Signalons que le chef d’état-major de la gendarmerie a aussi un conseiller français totalement occulté par la description officielle de la MIP [mission d’information parlementaire française de 1998, ndrl].

Enfin, à chaque offensive importante de l’APR, l’armée française envoie au Rwanda des renforts avec à leur tête la fine fleur des commandants de ses unités d’élite, comme le colonel Rosier envoyé contrer l’APR entre juin et novembre 1992. A cette époque, il était le chef de corps du 1er RPIMA, et juste après son séjour au Rwanda, il devait commander les opérations du Commandement des opérations spéciales de l’armée française (COS) créé en juin 1992. »

Ces conseillers spéciaux sont nombreux (p.46), présents à tous les échelons de la hiérarchie politico-militaire (infanterie, gendarmerie, aviation, unité para-commando, garde présidentielle, écoles d’officiers et de sous-officiers). Régulièrement, les conseillers français font le point avec leurs homologues rwandais, lors de réunions d’Etat-major (p.44) :

« Entre autres thèmes, les réunions d’états-majors auxquels participent les officiers français traitent de l’état psychologique d’unités particulières et du moral de l’armée rwandaise dans son ensemble, de tactique, de sécurité publique. La réunion du 5 mars 1991 s’est beaucoup attardée sur la question de l’insuffisance des effectifs.

‘A ce sujet, le lieutenant-colonel Canovas a souligné que cette insuffisance des effectifs devra être compensée par l’articulation de la défense autour des armes collectives, la constitution d’une réserve d’intervention décentralisée, l’utilisation des patrouilles motorisées et à pied ainsi que des postes d’observation et postes d’écoute’. »

Le printemps 1991 marque un premier tournant. Prenant conscience de la faiblesse de son armée régulière, le président Habyarimana décide, sur les conseils des officiers français, de développer un programme parallèle dit « d’autodéfense civile ».

L’autodéfense civile et les milices interahamwe

Si ce programme « d’autodéfense civile » ne recoupe pas toujours l’activité des milices des partis politiques (les fameux « interahamwe »), il s’en rapproche fortement au niveau local. Le rapport indique que les soldats français des unités d’élite ont, de 1991 à 1993, participé de près à la formation de ces miliciens (p.54) :

« Enfin, les accusations de formation des interahamwe par des militaires français sont de deux ordres.

« La première série d’accusations affirme que les militaires français ont bien formé ces miliciens, mais en les exonérant en partie, arguant qu’ils ne savaient pas qu’il s’agissait de civils, que dans les camps d’entraînement la distinction entre civils et recrues militaires aurait été difficile à effectuer.

« L’autre type d’accusations présume que les militaires français savaient qu’ils entraînaient des civils appartenant aux interahamwe. »

Les témoignages de ces sessions de formation abondent. Ils se focalisent sur plusieurs lieux : des camps militaires (Bigogwe, Gabiro Mukamira, Gako) ou parfois le campus d’une université (Nyakinama). Dans le camp de Gabiro, un conseiller communal raconte (p.55) comment quatre Français dont le « capitaine jacques » ont encadré des civils sélectionnés pour s’entraîner au tir et recevoir un enseignement théorique sur l’ennemi.

Autre récit, précis et circonstancié, fait par un paysan devenu un interhamwe sous la supervision des militaires, dans le camp de Mukamira, près de Ruhengeri (p.65).

« Muhimana Jean Damascène était paysan. En 1993, lui et d’autres jeunes gens venus de divers endroits de la région ont reçu une formation sous la supervision directe de militaires français. Il est arrivé au camp de Mukamira en août ou septembre 1993.

« La formation a duré trois à quatre semaines. Il s’est retrouvé avec environ 200 autres jeunes gens qui semblaient avoir été choisis à cause de leur carrure et leur force physique. La plupart étaient habillés en civils, d’autres avaient soit un vieux pantalon, soit une vareuse militaire, qu’ils s’étaient procurés par leurs propres moyens. Tous devaient devenir des interahamwe.

« Ils étaient hébergés dans le camp. Comme ils étaient nombreux, ils formaient des groupes plus restreints, des pelotons d’environ 30 personnes. Chaque peloton avait un instructeur rwandais des FAR. Lui, son instructeur s’appelait Habyarimana et avait le grade de caporal. Le matin, les instructeurs rwandais commençaient par aller prendre les instructions dans le bureau d’un capitaine français.

Ce sont des militaires français qui, le matin, donnaient les armes à ces instructeurs. Il y avait aussi trois autres militaires français dont le rôle consistait à superviser les instructeurs rwandais. Le capitaine français commandait la formation des militaires et des civils. Muhimana précise que ce capitaine français a suivi de près la formation de son groupe.

La promotion de Muhimana a appris à se servir d’une kalachnikov, d’un fusil R4 et du mortier 60mm. Ils avaient aussi appris le combat sans armes. Le soir, après le repas, ils allaient dans un grand hangar où ils recevaient des cours, particulièrement sur l’histoire du pays, donné par un sergent rwandais.

Il leur apprenait ce qu’était « l’idéologie des Tutsis » et leur cruauté. Le soir aussi, des militaires français passaient les voir dans ce hangar pendant les heures d’étude, ou lorsqu’ils s’adonnaient aux danses traditionnelles pour se divertir. »

Dans un relevé de conclusions, le rapport peut sans difficulté dresser un constat sévère, même s’il a déjà été documenté par le passé (p.74-75) :

« Les militaires français ont donc, objectivement, une part de responsabilité dans la préparation du génocide de 1994, en ayant contribué à l’intensification de la formation des interahamwe qui en ont été le fer de lance.

« Enfin, ils ont, objectivement, une part de responsabilité dans les massacres que ces derniers ont commis durant le génocide proprement dit puisque nombre de ces interahamwe avaient été formés par eux. »

En nuançant tout de même la portée de l’accusation :

« Il n’y a pas, à cette heure, d’éléments de preuve directe qui permettraient d’affirmer que les militaires français savaient que la formation qu’ils donnaient aux interahamwe, notamment après la signature des accords de paix d’Arusha du 4 août 1993, était destinée à commettre le génocide débutant en avril 1994.

A la fin de l’année 1993, alors que les militaires français participent à l’intensification de la formation des interahamwe dont les effectifs se comptent alors par milliers, on est en droit de s’interroger sur les raisons d’une telle intensification.

Question d’autant plus troublante que les autorités militaires françaises connaissent la nature de ces milices interahamwe. A quel type de combat ou de guerre les militaires français pensent-ils alors les entraîner ? »

Nous reviendrons sur cette dernière question. Dans la panoplie des dispositifs de coopération mis en place par la gendarmerie, celui du fichier des personnes recherchées et à surveiller (Pras) informatisé par les Français, suscite de nombreuses interrogations (p.82 à 84) : aurait-il servi à établir les listes de noms utilisées pendant le génocide pour tuer les « ENI » (le terme utilisé pour désigner l’ennemi tutsi) ?

Seule certitude : grâce à leur présence au sein du Centre de recherche criminelle et de documentation, les gendarmes français sont très bien informés sur les « massacres ethniques » commis en 1992 et 1993. Contrôles d’identité, viols et tortures

La présence de plusieurs centaines de soldats français, d’octobre 1990 à décembre 1993, aurait aussi provoqué de nombreuses exactions. La première est connue et largement documentée. Il s’agit de la présence des militaires tricolores aux « barrières », sorte de check-points tenus par les soldats rwandais pour filtrer la population tutsi (sur la foi des cartes d’identité mentionnant l’appartenance aux groupes hutu, tutsi ou twa). Une fois arrêtés, les Tutsi sont en général exécutés sans autre forme de procès ou incarcérés.

Ces barrages filtrants s’accompagnent souvent d’exactions, comme le raconte (p.89) Emmanuel Nkuliyingoma, arrêté en 1992 à la barrière de Shyorongi, près de Kigali, par des militaires français et rwandais. Il précise avoir « vu aussi une jeune fille tutsi nommée Brigitte Umulisa subir les mêmes choses à la même barrière ».

« Des militaires français et des gendarmes rwandais nous ont demandé nos cartes d’identité. Ils ont constaté que j’avais deux permis de résidence, un pour Kigali et un autre pour Gisenyi. Ils m’ont gardé en disant que c’était la preuve que j’étais un inyenzi.

Il se sont alors mis à me torturer. D’abord, ils ont placé par terre des bouchons de bouteilles de bière et m’ont obligé à me coucher dessus, le ventre par terre, et à poser mes deux coudes sur ces bouchons. Ils m’ont ensuite roué de coups.

Après, ils m’ont relevé et nous ont obligés, Brigitte et moi, à creuser un large trou. Lorsque nous avons terminé, ils nous ont contraints de nous coucher en mettant les bras dans ce trou. Ils ont ramené la terre ont rempli le trou jusqu’à nos coudes. Nous avons passé trois nuits là-bas dans cette position, et ils nous frappaient comme bon leur semblait. »

Suit une série de récits (p.90) de viols de femmes par des soldats français, d’assassinats de civils tutsis dans le camp militaire de Kanombe et la description d’une séance de tortures subis par un prisonnier de guerre, capturé sur le front en novembre 1990.

Jean-Paul Gasore était ingénieur mécanicien au sein de l’APR. Emmené à l’Etat-major des FAR au camp Kigali, il est « interrogé à plusieurs reprises par le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, chef des renseignements militaires, accompagné d’officiers français » (p.105) :

« J’ai refusé de répondre à ces questions. Nsengiyumva a alors ordonné aux soldats rwandais de me frapper. Ils m’ont attaché les bras par derrière, puis se sont mis à me battre violemment avec des coups de matraque et de crosses. Ils alternaient les coups avec l’utilisation des fils électriques qu’ils mettaient sur diverses parties de mon corps pour me faire souffrir. L’officier français observait ce qui se passait tout en discutant avec Nsengiyumva. »

Le décompte des victimes des massacres de 1990 à 1994 est synthétisé dans un tableau (p. 111 et suivantes).

Des soldats français présents pendant le génocide

La partie suivante -consacrée au génocide- dévoile des aspects encore très méconnus du génocide qui, pour mémoire, fit 800 000 morts en trois mois, du 7 avril 1994 à la mi-juillet. Au début des massacres, rappelle le texte, il y a entre 24 et 70 soldats français stationnés au Rwanda, selon les sources. L’opération d’évacuation des ressortissants européens s’achève le 14 avril et après… plus rien, officiellement tout du moins (p. 157) :

« Officiellement, la présence militaire française au Rwanda s’est terminée avec le départ des derniers éléments venus mener l’opération Amaryllis d’évacuation des Français et des étrangers du 9 au 14 avril 1994.

Dans le cadre de cette opération, un détachement du COS est maintenu à Kigali et placé sous le commandement du Chef d’état-major des Armées. Parmi les points énumérant sa mission, on lit ‘guider toute opération d’appui aérien’, ‘s’exfiltrer si nécessaire’. »

En réalité, l’armée française laisse alors des « sonnettes », membres de forces spéciales. Plusieurs témoins racontent avoir vu des soldats français à Kigali pendant le génocide (p. 159). Puis, le rapport revient sur une opération d’envergure, fort peu documentée, qui eut lieu en juin dans la région de Gisenyi, autour du camp de Mukamira.

Une équipe du COS (commandement des opérations spéciales) évacue alors des civils, occidentaux, probablement les « sonnettes » laissées derrière les lignes. C’est en tout cas le sens de l’analyse d’un chercheur belge, Olivier Lanotte (p.161) lorsqu’il évoque le rapport du colonel Rosier, patron des équipes du COS :

« Ce rapport ne donne cependant aucune précision sur l’identité des personnes évacuées à cette occasion par l’armée française. On ne trouve pas plus de détail dans la presse, qui n’a pas couvert les opérations en cours dans la région de Gisenyi-Mukamira-Ruhengeri. Quant au rapport de la Mission d’information, celui-ci est totalement muet sur la percée des forces spéciales jusque dans le camp militaire de Mukamira.

« Quand on connaît le soin avec lequel la France a cherché à « médiatiser » ses opérations humanitaires en faveur des rescapés tutsis, notamment à Nyarushishi et à Bisesero, il est peu probable que ces personnes exfiltrées par le COS dans la région Gisenyi-Mukamira-Ruhengeri, fief du régime Habyarimana, aient été des rescapés tutsi ou de simples missionnaires.

Et ce d’autant plus que « toutes les personnes exfiltrées qui sont descendues des hélicoptères du COS à Goma étaient des Blancs’. »

En conclusion, les rapporteurs évoquent l’hypothèse d’une évacuation d’armes lourdes françaises « prêtées » aux FAR (p.162)

« Il y a fort à parier que la mission d’extraction du COS du camp Mukamira concernait plutôt les armes lourdes françaises, tout particulièrement les mortiers 105 mm comme l’indique en témoignage Jean-Paul Nturanyenabo.

« Ces armes lourdes, repérables par les troupes du FPR surplombant la région, étaient plus délicates à déplacer, elles auraient pu être la cible d’une attaque. Ces mortiers avaient été amenés par le colonel Rosier en juin 1992, mais étaient toujours restés sous la garde des militaires français. »

Cette partie s’achève sur la liste des livraisons d’armes clandestines, opérées par les services français, auprès des FAR ou directement vers les miliciens. Et la conclusion est accablante (p.168).

« Les informations recueillies laissent penser que cette participation militaire française aux côtés des FAR, somme toute réduite, n’a pas pu avoir un impact déterminant dans la conduite de la guerre par les FAR ou même dans l’exécution du génocide.

« Elle a dû par contre permettre aux responsables militaires et politiques français d’avoir une profonde connaissance de ce qui se passait sur le terrain et ce dès les tout premiers jours du génocide.

S’agissant des livraisons d’armes et de munitions, les informations recueillies font état, cumulativement, de dizaines de tonnes de livraisons d’origine française.

« Cette quantité d’armes et de munitions a certainement joué un rôle important dans le renforcement militaire des FAR et politique du gouvernement intérimaire, tous deux profondément engagés dans le génocide. La thèse qui chercherait à minimiser le rôle des FAR dans le génocide n’est pas défendable. Elle s’inscrit en faux dans les principales études du génocide qui, au contraire, leurs prêtent un rôle primordial dans la planification, l’organisation et l’exécution du génocide. »

Détail : le lecteur trouvera (p.168) la liste des officiers rwandais des FAR condamnés par le TPIR ou en jugement qui, tous, furent les relais et frères d’armes des officiers français.

L’opération Turquoise étrillée : dégoût et incrédulité

Le rapport Mucyo se termine par une longue analyse de l’opération Turquoise (22 juin-21 août), toujours présentée comme une intervention internationale d’interposition humanitaire. Officiellement, la France est là pour faire « cesser les massacres ».

Officieusement, le FPR la soupçonne d’agir en sous-main pour éviter un effondrement total des FAR, acculées à la défaite. Plusieurs éléments viennent appuyer cette hypothèse :

* Les très nombreux cas de viols racontés par des victimes ou des témoins, viols commis par des militaires français dans les camps qu’ils ont occupé pendant l’opération (p.180 à 200).

* Une collaboration active avec les miliciens interahamwe, notamment autour des camps de réfugiés tutsis, comme celui de Nyarushishi (p.211). * Des cas d’assassinats ou de complicités d’assassinats de civils tutsis identifiés comme tels (p.233).

* Une collaboration active avec les autorités légales génocidaires (bourgmestres, conseillers communaux, administrations préfectorales) (p.239).

* Plusieurs cas de larguages de civils tutsis depuis un hélicoptère, en particulier dans la région de la forêt de Nyungwe (p.252 à 262).

* A nouveau, de très nombreux témoignages de cas de viols commis sur des femmes tutsis, identifiées comme telles (p.270).

« Les abus sexuels commis par les militaires français sur les rescapées du génocide ne se faisaient pas toujours en usant de la force physique. Mais les circonstances dans lesquels ces relations sexuelles avec les rescapées se commettaient étaient telles que ces filles et femmes violées n’avaient pas d’autre choix que celui de se soumettre.

« Elles avaient vécu deux mois et demi de chasse aux Tutsi, et le contexte dans lequel elles se trouvaient pendant la présence des militaires français était toujours marqué par des violences meurtrières. Souvent, c’était des interahamwe qui servaient de rabatteurs pour les militaires français. »

* Une aide à l’exfiltration de plusieurs membres du gouvernement intérimaire (celui du génocide) vers le Zaïre et l’incitation à fuir dans la même direction adressée à la population (p.275).

Ces derniers récits, notamment les témoignages nombreux et pour certains recoupés de viols, suscitent à la fois un sentiment de dégoût et un incroyable malaise. Car de deux choses l’une : soit tout est faux et il faut le prouver, soit c’est vrai, et alors la France officielle ne peut rester atone.

Question : les responsables français savaient-ils vers quelle impasse cette politique africaine allait les mener ? A ce stade, n’oublions pas que le terme de « génocide » est toujours une qualification juridique, a posteriori, des faits.

Sans verser dans l’anachronisme, qui consisterait à relire les événements d’hier avec nos yeux d’aujourd’hui, il est nécessaire maintenant de revenir à l’histoire rwandaise, pour comprendre comment la France a perdu là-bas, au pays des milles collines, une guerre révolutionnaire implacable.

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RD Congo : Bukavu - 10 combattants hutus rwandais rapatriés

Sud-Kivu | 26 Août 2008 à 10:57:10

Le rapatriement de ces combattants, et 3 de leurs dépendants, a eu lieu lundi à Bukavu par le bureau de DDRRR/Monuc. Parmi ces rapatriés, 7 étaient venus des hauts plateaux d'Uvira, 2 de Buniakiri, plus au nord de la province et un autre qui était détenu depuis plusieurs jours au cachot militaire de Saio à Bukavu. Le bureau de Démobilisation, Désarmement, Rapatriement et Réinsertion de la Monuc/Bukavu ajoute que ces personnes ont dû séjourner quelque temps dans les camps de transit d'Uvira et de Bunyakiri, en attendant un moyen de transport pour les accompagner jusqu'à la frontière rwandaise. Avec ce rapatriement, le nombre des personnes ramenées au Rwanda par la Monuc est passé à 67 dont 27 ex-combattants, depuis le début du mois, rapporte radiookapi.net

Par Editeur Web

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Rwanda: Villepin, mis en cause, accuse Kigali de "jouer avec l'Histoire"

AFP

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L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, mis en cause dans un rapport rwandais sur le génocide de 1994, a accusé dimanche les autorités de Kigali de "jouer avec l'Histoire", affirmant de son côté "ne pas craindre" la vérité.

Dans un rapport publié début août, le Rwanda a une nouvelle fois accusé la France d'avoir activement "participé" à l'exécution du génocide de 1994 et a envisagé des suites judiciaires. M. de Villepin, alors directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, figure parmi les 13 dirigeants français incriminés par ce rapport.

"Il ne faut pas tout mélanger", a déclaré dimanche M. de Villepin au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. "Il s'est produit un drame, un génocide. Le seul pays au monde qui a pris le risque d'une intervention (...) c'est la France".

"Faut-il faire le procès du pays, de l'armée française, qui a pris le risque d'aller au Rwanda pour sauver des milliers de vies", a-t-il poursuivi, affirmant s'être personnellement "battu pour que l'on ferme Radio mille collines, (...) pour que nous allions sauver des Rwandais dans des quartiers qui étaient menacés et menaçants".

"Il y a bien sûr un devoir de mémoire, il y a bien sûr une exigence de vérité, et moi je ne crains en aucun cas cet exercice là, mais je crois qu'il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes".

"Quand les autorités rwandaises, parce qu'elles craignent une mise en cause judiciaire de la part de la justice française, prennent cette occasion pour faire un rapport et remettre les compteurs à zéro, je crois qu'elles jouent avec l'Histoire, cela n'est pas conforme à la vérité historique", a-t-il conclu.

Les autorités françaises ont rejeté comme "inacceptables" les conclusions du rapport rwandais.

Kigali a rompu en novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre le président rwandais Paul Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, qui avait déclenché le génocide.

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mardi 26 août 2008

Les TIC, un nouvel enjeu pour les polices de l'Afrique de l'Est

Addis-Abeba, Ethiopie - La lutte contre la criminalité est devenue une activité encore plus complexe pour les agents de la force publique en Afrique de l'Est, les avancées notées dans le domaine des Technologies de l'information et des communications (TIC) offrant aux criminels ingénieux des moyens pour mener leurs activités par delà les frontières nationales, a affirmé, lundi, le chef de la Police éthiopienne.

"Le monde est aujourd'hui devenu un petit village et les criminels ingénieux peuvent maintenant accéder facilement à tout endroit du monde”, a affirmé, à Addis-Abeba, M. Workney Ghebeyu, directeur général de la Commission de la Police fédérale éthiopienne, à l'ouverture d'une réunion de hauts responsables de la Police des pays membres du Comité des chefs de Police d'Afrique de l'Est (EAPCCO).

Il a indiqué que les forces de Police de la sous-région doivent coopérer pour faire face, avec efficacité, à la hausse des activités criminelles, ajoutant que le succès de la lutte contre la criminalité dépend en grande partie de la réponse internationale et de la coopération entre nations.

M. Workney a noté que l'augmentation des actes terroristes, du trafic des drogues, des vols de véhicules, ainsi que des crimes économiques et financiers, du trafic illicite d'armes à feu et des vols de bétail font partie des domaines dans lesquels la collaboration entre Etats est cruciale si l'on veut combattre efficacement toutes ces formes d'activités illicites.

Il a également relevé que "l'émergence de nouvelles formes d'activités criminelles, comme la criminalité en matière d'environnement et sur la vie sauvage ainsi que le trafic des êtres humains et de migrants illégaux tendent à exacerber le problème aussi bien dans notre sous-région qu'au-delà, mais la Police se doit de les combattre et de les vaincre.

"Les actes criminels graves, tels que le terrorisme, ont déjà provoqué la perte de nombreuses et précieuses vies humaines et causé des souffrances indicibles aux populations. Les dommages imputables à ces actes criminels sont énormes, que ce soit en termes humains qu'en termes économiques", a-t-il poursuivi.

Les participants à la rencontre sont réunis dans le cadre du comité de coordination de la 10ème Assemblée générale annuelle de l'EAPCCO, également prévue à Addis-Abeba, les 27 et 28 août 2008.

Les pays membres de l'EAPCCO sont le Burundi, Djibouti, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, les Seychelles, la Somalie, le Soudan, la Tanzanie et l'Ouganda.

La huitième réunion des ministres responsables des affaires de Police en Afrique de l'Est se tiendra ensuite le 29 août 2008.

Seront présentés aux participants à ces rencontres des rapports sur la criminalité dans les différents pays, essentiellement consacrés aux activités transnationales liées au terrorisme, au blanchiment de capitaux et au trafic des armes légères et des drogues ainsi que des exposés sur la formation des fonctionnaires de Police en matière d'enquête.

Des représentants d'Interpol, de l'Institut des Etudes en matière de sécurité (ISS), basé en Afrique du Sud et de l'Office des Nations unies contre la Drogue et le Crime (UNODC) ont aussi été invités à l'Assemblée générale annuelle.

Addis-Abeba - 25/08/2008

Pana

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Rwanda: la question du rôle de la France toujours escamotée

Dans l’avalanche de mauvaises nouvelles économiques, de menaces de guerre et de catastrophes estivales, le mutisme sur les responsabilités françaises liées au génocide rwandais de 1994 passe inaperçu. Il est pourtant assourdissant, ce silence des médias et hommes politiques français…

La France, si prompte à rappeler prétentieusement qu’elle est la patrie des droits de l’homme et à donner des leçons de démocratie, gagnerait pourtant à faire la lumière sur ce bien sombre legs des années Mitterrand.

Car, même en admettant que les accusations rwandaises sont exagérées ou imaginaires, il n’en reste pas moins que la France a soutenu un régime, formé ses militaires et ses para-militaires et que nos troupes étaient présentes pendant tout le temps qu’a duré la préparation de ce génocide.

La simple écoute de Radio Milles Collines et la lecture des journaux affiliés au régime auraient pourtant pu éclairer nos représentants civils et militaires sur ce qui menaçait.

Défendre à tout prix la francophonie

Pour se défendre, certains arguent de ce que ces propos lus ou entendus relevaient pour eux d’une rhétorique typiquement africaine. C’est oublier un peu vite qu’un précédent génocide, bien peu rhétorique, avait eu lieu dans les années 50 et qu’il avait précisément provoqué un vaste exode tutsi vers l’Ouganda anglophone…

Nous y voilà : la francophonie. Les troupes rebelles constituées de réfugiés tutsis de la deuxième ou troisième génération n’étaient plus francophones, elles parlaient la langue ennemie. Ce pays sans ressources particulières devait donc être défendu, coûte que coûte contre l’hégémonie anglo-saxonne…

Comment une telle aberrante position diplomatique a-t-elle pu être maintenue en dépit de tous les signaux d’alarmes ? A qui fera-t-on croire que les préparatifs de ce génocide populaire, car directement perpétré par des citoyens rwandais contre d’autres citoyens rwandais accusés de soutenir les rebelles venus d’Ouganda, et méticuleusement organisé par le régime ont-elles pu échapper aux soldats et diplomates français présents sur place : aveuglément ? naïveté ? imbecillité ?

Il est fort propable que nous n’entendrons plus parler des responsabilités français

Quoi qu’il en soit, nous avons le droit, nous citoyens français, de savoir pourquoi notre pays s’est à ce point fourvoyé dans ce soutien criminel. Mais personne ne semble vouloir nous éclairer. Une commission présidée par un gardien fidèle du mitterandisme, Paul Quilès, avait en son temps exonéré la France de toute responsabilité…

Il serait temps que le dossier soit vraiment rouvert. Mais compte-tenu de l’amateurisme égocentrique et de l’opportunisme cynique du personnage qui dirige notre pays actuellement, du suivisme veule de son ministre des Affaires étrangères et de la complicité coupable de l’opposition dans cette omerta des élites, il est fort propable que nous n’entendrons plus jamais parler de l’implication française, même indirecte, dans l’un des cinq plus vastes génocides du XXe siècle…

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