mercredi 26 novembre 2008
Jacques Delcuvellerie
Français travaillant en Belgique, Jacques Delcuvellerie a poursuivi des études d’arts plastiques, de communication sociale avant d’être diplômé de l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS - Bruxelles). L’essentiel de son activité est, depuis 1980, lié au Groupov dont il est le fondateur et le directeur artistique. Ce collectif, basé à Liège, regroupe des artistes de plusieurs nationalités et de différentes disciplines : écriture, film, vidéo, peinture, jeu dramatique, musique…
Si la pratique du Groupov a connu des phases très différentes, elle présente depuis les origines certaines caractéristiques récurrentes :
- L’association d’artistes, ayant par ailleurs une carrière autonome, dans la gestation progressive d’une création commune sous la conduite d’un « maître d’oeuvre ». Aussi bien le premier événement public du Groupov : Il y a des événements tellement bien programmés qu’ils sont inoubliables avant même d’avoir eu lieu (1981) que les derniers spectacles : Rwanda 94 et la prochaine création Anathème, sont élaborés selon cette démarche
- La permutation et/ou le flottement des fonctions : acteurs devenant metteur en scène, vidéaste s’exposant dans des « performances » physiques, etc.
- Une constante interrogation sur la question de la représentation, sur ses limites, sur les frontières troubles entre réel et symbolique dans un art qui se réalise en chair et en os, hic et nunc.
- Le maintien, parallèlement à la création de spectacles, d’une activité purement expérimentale. C’est pourquoi, depuis quelques années, le Groupov s’est désigné comme Centre Expérimental de Culture Active, indiquant par là qu’il n’est pas seulement une entreprise théâtrale. A titre d’exemple, le Groupov organise régulièrement depuis 1993 des sessions de travail de cinq jours et cinq nuits dans la forêt, dénommées Clairières. Ces expériences poursuivent à leur manière les essais de Grotowski de l’époque du Special Project ou de groupes comme L’Avventura. Elles n’ont aucun rapport avec le spectacle et les participants ne sont pas nécessairement des artistes.
Sur le plan créatif, on peut distinguer trois périodes dans le travail de Jacques Delcuvellerie et du Groupov :
- La période de l’Atelier de Recherches Permanentes sur Les Restes : elle a donné lieu à des événements publics très particuliers, d’une durée de quelques minutes ou au contraire six à sept heures. Le Groupov se sentait alors proche de démarches comme le Squat Theater et son Andy Warhol’s Last Love, les performances de Fluxus, etc.
- La période du triptyque Vérité : après Koniec (genre-théâtre) (1987) qui confrontait La Mouette de Tchékhov aux recherches précédentes du Groupov et à Heiner Müller (entre autres), Jacques Delcuvellerie publie Lettre à celle qui écrit Lulu Love Life, Cinq conditions pour travailler dans la vérité en 1989 (dans Alternatives Théâtrales n°44). La question de la période de recherche sur Les Restes était : le théâtre se donne, de facto, qu’il le veuille ou non, comme la représentation du monde ; quand il n’y a plus de vision du monde, de quel droit, sur quelle légitimité, avec quelles méthodes et quelle morale ose-t-on organiser une représentation qui ne soit pas futile ? Dans cette nouvelle phase la question est devenue : il reste bien une vision du monde, celle de ceux qui le dirigent et l’écrasent, peut-on se forger encore une vision alternative ? Dans un premier temps, le Groupov décida d’aller revisiter les auteurs dont le génie dramatique ne s’était pas appauvri mais au contraire dynamisé d’une vision du monde globalisante et structurée, une vision qu’ils tenaient pour « la vérité ». Dans cette période le Groupov a donc monté des dramaturges contemporains et notamment Claudel et Brecht. Il a aussi créé Trash (a lonely prayer) de Marie-France Collard et Jacques Delcuvellerie sur l’exploration des états-limite de l’érotisme et du terrorisme.
De toutes les expériences de cette période c’est la redécouverte du travail de Brecht, à travers une très longue et très minutieuse préparation de La Mère, qui a profondément changé l’orientation du Groupov.
- La période actuelle est marquée avant tout par les quatre années d’élaboration de Rwanda 94 et par sa tournée internationale : depuis sa présentation à l’état de work in progress au Festival d’Avignon 1999 et sa création au Théâtre de La Place de Liège, ce spectacle a été présenté en Belgique (Bruxelles, Mouscron, Braine Le Comte, Mons et Louvain-La-Neuve), en France (Paris, Marseille, Limoges, Calais, Rungis, Rouen, Angoulème, Sartrouville, Angers, La Roche sur Yon, Cavaillon, Amiens, Villeneuve d’Ascq et Cherbourg), à la Bonner Biennale en Allemagne (Bonn), en Guadeloupe (Abymes), au Festival de Théâtre des Amériques au Québec (Montréal et Québec), en Italie (Udine, Palerme, Turin, Rome, Milan, Reggio Emilia) et en Suisse (Genève). Couronné par de nombreux prix (Prix du Théâtre 2000, Prix de la Recherche de la SACD, Prix Océ, Prix spécial du Syndicat de la Critique française et récemment par le Coq de Cristal), le spectacle Rwanda 94 a, en outre, fait l’objet de l’édition d’un double CD, de l’édition du texte de la pièce en français ainsi que de la publication d’un double numéro de la revue Alternatives Théâtrales.
Après ces quatre années de tournée à travers le monde, Rwanda 94 fut présenté au Rwanda même, à Kigali, à Butare et Bisesero), en avril 2004, dans le cadre de la Commémoration du dixième anniversaire du génocide.
Parallèlement à ces activités, le spectacle Discours sur le colonialisme a été créé au Festival de Liège en février 2001 et connaît lui aussi une tournée internationale.
Anathème, le nouveau projet du Groupov mis en scène par Jacques Delcuvellerie – le premier de cette importance depuis Rwanda 94 – et dont le matériau textuel est exclusivement basé sur des textes de l’Ancien Testament, fut créé en juillet 2005 au Festival d’Avignon. Le titre vient de la traduction ordinaire du mot hébreu Hérem qui signifie littéralement interdiction, ce qui équivaut concrètement au châtiment suprême. Une personne, une peuplade anathèmes dans la Bible doivent être éradiquées physiquement. C’est Dieu lui-même et, en principe, lui seul qui lance cette malédiction.
Spectacle d’ouverture de la première saison du nouveau directeur du Théâtre National, Jean- Louis Colinet, La Mouette de Tchekov, mise en scène de Jacques Delcuvellerie, fut créée en septembre 2005 dans une vision éclatée et intimiste.
mercredi 12 novembre 2008
Lucien Kabeya, artiste : « Le groupe GAEL est très apprécié au Rwanda »
lundi 10 novembre 2008
Après des études supérieures en économie, Lucien Kabeya s’est engagé dans la musique et le film-vidéo. Bref entretien avec cet artiste en séjour à Kigali, au Rwanda. |
Un peu surpris de vous savoir au Rwanda sans votre orchestre Terra Nova Dei… Je suis venu au Rwanda sur invitation d’une maison de musique Manu mix musique qui voudrait produire mon prochain album. J’ai commencé les travaux d’enregistrement dans leur studio et le disque sera prêt fin novembre. Effectivement je suis venu sans mon groupe pour des raisons faciles à deviner. Comment se comporte la musique congolaise au Rwanda ? Notre musique est appréciée au Rwanda, surtout celle du groupe GAEL (Groupe d’adoration et de louanges ) ainsi que la musique faite par les groupes de l’Est de la RDC. Cependant, il manque une réelle promotion sans parler de la profusion des disques piratés. Le tableau n’est cependant pas encourageant : absence donc de promotion, de sponsor, de protection des œuvres, etc. Retracez-nous un peu votre parcours musical ? J’avais commencé dans la chorale de l’église catholique Lisanga de la résurrection, avant d’évoluer dans la musique profane, dans les orchestres Salongo Musica, SVP La Gamme, Flash, Melko Esthétique et autres. J’ai reçu ensuite le seigneur Jésus dans ma vie et j’ai intégré le Campus pour Christ, avant de monter le groupe Terra Nova Dei avec les frères Christian, Jeff Kabonka qui est à Paris et Florent Zola actuellement au Kenya. J’ai également évolué dans le groupe Sango Malamu de la radio Sango Malamu, je suis aussi membre du groupe Choeur des Anges. La liste est longue. Votre proche avenir ? Pour les deux mois qui vont suivre, je vais tourner les clips de mon album qui s’appelle « Mi Wowe Gusa » qui veut dire « Seulement toi, Jésus » en kinyarwanda ; en même temps je vais m’atteler à terminer le tournage du film « To whom belong a baby ». J’ai la chance d’avoir pu compter sur quelqu’un comme Prince Utchudi qui m’assiste beaucoup ici à Kigali. | Propos recueillis par Alain Matundu (pour AEM) |
Spectacles - Un Rwandais pour la paix
lundi 27 octobre 2008
22èmes JOURNEES CINEMATOGRAPHIQUES DE CARTHAGE : La Tunisie immortalise Ousmane Sembène
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La 22ème édition des Journées cinématographiques de Carthage s’est ouverte samedi soir au Théâtre municipal de Tunis. Lors d’une cérémonie haute en couleurs, présidée par le ministre tunisien de la Culture et de la sauvegarde du Patrimoine, un hommage a été rendu à trois figures emblématiques du cinéma africain : le réalisateur et écrivain sénégalais Ousmane Sembène, le producteur tunisien Ahmed Bahaeddine Attia (tous deux disparus en 2007) et le cinéaste égyptien Youssef Chahine qui nous a quittés en 2008. TUNIS - Pour fêter 42 ans d’existence, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) ont décidé d’innover. La cérémonie d’ouverture qui avait lieu habituellement au Cinéma Le Colisée, a été déplacée cette année vers le Théâtre municipal de Tunis dont l’imposante salle à trois niveaux a rendu plus solennel l’évènement. Samedi soir, la grande avenue Habib Bourguiba où se trouve la bâtisse a été envahie par des milliers de Tunisois venus voir de plus près les stars du cinéma arabo-africain qui, l’espace d’une semaine, feront de leur capitale, le carrefour du septième art. Et des stars il y en avait ce week-end à Tunis : le chanteur sénégalais Ismaël Lô, la comédienne française Emmanuelle Béart, l’écrivain algérien Mohamed Moulessehoul, qui signe ses livres sous le pseudonyme de Yasmina Khadra (tous trois membres du jury officiel des longs-métrages), l’actrice gabonaise Kiara Bongo, le réalisateur tunisien Nouri Bouzid (Tanit d’or en 2006 avec « Making of ») et tant d’autres. Toutes ces célébrités ont monté les marches recouvertes d’un tapis rouge du Théâtre municipal de Tunis, sous les applaudissements du public massé aux abords de l’avenue et le crépitement des appareils des photos et l’œil des caméras. La cérémonie, retransmise en direct à la Télévision publique tunisienne, a commencé en musique avec Ismaël Lô. Guitare en bandoulière et harmonica accroché au cou, il a interprété un sublime « Tadiabone » dont le public tunisois connaît les paroles par cœur. Les spectateurs ont ainsi repris les refrains avec enthousiasme et ont bien applaudi Iso Lô, un habitué des salles de spectacles tunisiennes car, ses premiers concerts dans ce pays remontent au début des années 1990. En 1994, lui et son groupe avaient même joué à la cérémonie d’ouverture des JCC. Une quinzaine d’années plus tard, il y revient comme membre d’un jury composé également de la cinéaste nigérienne Rahmatou Keïta, du comédien égyptien Ezzat El Alayli (qui a joué dans plus de 70 films), de la co-directrice du Festival international du film de Rotterdam (Pays-Bas), Sandra Den Hammer, et de Nouri Bouzid. Le samedi 1er novembre prochain, dans cette même salle du Théâtre municipal, les sept membres de ce jury dirigé par l’écrivain Yasmina Khadra, auront la lourde charge de décerner le Tanit d’or à l’un des 18 longs-métrages de fiction en compétition officielle. Parmi ces films, citons « Faro, la reine des eaux » du Malien Salif Traoré, « Cap-Vert, mon amour » de la Capverdienne Ana Ramos Lisboa, « Teza » de l’Ethiopien Haïle Gerima (actuellement l’un des doyens du cinéma africain et qui fait figure de « revenant » car n’ayant pas réalisé de film depuis 1999), « Zimbabwe » du Sud-africain Darrel Roodt, « Khamsa » du cinéaste tunisien Karim Dridi, « L’autre moitié du ciel » de sa compatriote Kalthoum Bornaz, « Le sel de la mer » de la Palestinienne Annemarie Jacir, « Whatever Lola wants » du réalisateur marocain Nabil Ayouch, « L’aquarium » de l’Egyptien Yousri Nasrallah... Lors de la cérémonie d’ouverture des 22èmes JCC, trois Tanit d’honneur ont été remis à titre posthume à Ousmane Sembène, Ahmed B. Attia et Youssef Chanine. C’est Ousmane William Mbaye qui a reçu le prix décerné à Sembène, doyen des cinéastes africains. A Tunis, Willy (comme l’appellent ses intimes) est le seul réalisateur sénégalais en compétition officielle (dans la section documentaire) avec son film de 55 minutes intitulé « Mère-bi ». C’est un portrait intimiste sur sa mère Annette Mbaye d’Erneville, première femme journaliste au Sénégal et initiatrice des Rencontres cinématographiques de Dakar. Une autre figure emblématique du cinéma sénégalais est également honorée cette année à Carthage, il s’agit de Samba Félix Ndiaye considéré comme le doyen des documentaristes africains et qui est l’auteur de films poignants comme « Rwanda pour mémoire », « Lettre à Senghor », « Ngor, l’esprit des lieux » ou le récent « Questions à la terre natale ». Il a été choisi comme président du jury international du documentaire vidéo. De notre envoyé spécial MODOU MAMOUNE FAYE |
lundi 20 octobre 2008
Récréâtrales 2008 : L’immigration comme sujet de la fin
Les rideaux sont tombés sur la Ve édition des Résidences panafricaines d’écriture, de création et de formation théâtrales (Récréâtrales), le mardi 14 octobre 2008 au Centre culturel français Georges-Meliès.
Ouagadougou a vécu durant une semaine la Ve édition des Résidences panafricaines d’écriture, de création et de formation théâtrales (Récréatrales) qui a pris fin le mardi 14 octobre 2008 au Centre culturel français Georges-Meliès, sur le thème de la transgression. C’est dans une ambiance, à l’image
de la cérémonie d’ouverture, de fête que le dernier acte des Récréâtrales 2008 s’est déroulé. La musique traditionnelle, les démonstrations des chevaux, devant le CCF, témoignaient de cette ambiance. Côté planches, c’est le Burkina Faso par le truchement de la pièce de la compagnie théâtre évasion "Et le soleil sourira à la mer" qui a bouclé le festival. Une pièce écrite par Sophie Heidi Kam. La pièce raconte l’histoire de trois clandestins "dans la cale d’un cargo, pour une traversée vers l’Europe.
Deux hommes et une femme. Chacun a donné beaucoup d’argent au commandant passeur, qui est le maître à bord. Le premier est un ex-boureau à la solde d’un chef d’Etat. Il est en fuite. Le second, un jeune homme, est un traumatisé dont la famille a été massacrée pendant la guerre. La troisième est une jeune femme qui veut juste aller voir la neige ..." Les rôles sont portés par Gérard Ouédraogo (le traumatisé), Hyacinthe Kabré (le bourreau), Charles Ouattara (le commandant), Rachel Coulibaly (la femme). Pour raconter cette tragédie, celle des clandestins qui meurent en mer, Ildevert Meda a entre autres usé de l’humour (la scène de la boisson). La lumière surtout les gros plans sur les trois personnages accentue cette histoire de quête du bonheur. Le bruitage (le son des vagues), le décor du navire transportent le spectacle dans le calvaire de ces “fugitifs”.
Récréâtrales 2008, 118 regards sur le théâtre
Cette année, l’événement qui a réuni 118 acteurs du théâtre (auteurs, comédiens, scanographes, techniciens, coutumiers, musiciens, journalistes, etc) a été placé sous le signe du recueillement sur la mémoire du metteur en scène et réalisateur ivoirien Sébastien Touviel Hien décédé. Une dizaine de spectacles a été présentée au public à savoir "ce vide en elle" (Bénin) "Tatu ou vestiges d’un désastre" (Burkina Faso et Côte d’Ivoire), "Burocrassie" (Niger), "l’autre bord" (Togo), "Et le soleil sourira à la mer" (Burkina Faso), "Carte d’Identité", (Rwanda), "Afrique Zala fulu", la poubelle" (République démocratique du Congo), "En remontant le Niger" (France et Algérie), "A la vie à la mort" (Burkina Faso), " "Les larmes du ciel d’août" (Burkina Faso).
Le village du festival : le temple de la musique
Le cartel, le siège des Récréatrales, a été transformé en un véritable centre culturel consacré aux arts : les arts plastiques et la musique. La rue traversant le siège a été un podium géant de musique où les festivaliers et les Ouagalais venaient s’évader après les différentes représentations théâtrales. Les nuits Djongo avec Serge Coulibaly, Madeni Kiénou, Robert Batchoudi, ont été une originalité à cette édition 2008. Des artistes confirmés comme Bil Aka Kora, Yili Nooma ont animé ces nuits Récréatrales.
Récréâtrales 2008 ou de la matière pour la création
L’un des faits majeurs de cette édition est la publication des textes issus de la manifestation aux éditions Découvertes du Burkina. "De l’amour au cimetière" de Aristide Tarnagda (Burkina Faso), "Du gombo pour deux légumes" d’Alfred Dogbé (Niger), "Chronique des années du parti" de Rodrigue Normand (Togo) et "Madame je vous aimes et comme des frères" d’Étienne Minougou (Burkina Faso) sont les pièces éditées grâce à ces Résidences panafricaines de théâtre.
Alassane KERE et Joseline YAMEOGO (stagiaire)
Sidwaya
mercredi 8 octobre 2008
Côte d’Ivoire/Musique : Corneille à Abidjan !
Les fans de Corneille et les mélomanes vivant à Abidjan en Côte d’Ivoire, n’oublieront pas de sitôt l’image d’un Corneille apparemment heureux d’avoir foulé le sol ivoirien. Le chanteur de RnB, était de passage pour un concert live acoustique au Palais de la Culture de Treichville.
Un rêve ? Non, une réalité plutôt. Si Corneille n’a toujours pas répondu aux multiples invitations des promoteurs de spectacles du Gabon, l’artiste d’origine rwandaise, a répondu favorablement à l’invitation de ses fans abidjanais ! Le 04 octobre dernier, le chanteur installé au Canada depuis de nombreuses années, offrait un mémorable concert aux mélomanes d’Abidjan dans une salle comble du Palais de la Culture de Treichville.
Le vendredi 03 Octobre dernier, Corneille Nyungura, artiste chanteur d’origine rwandaise, a foulé le sol ivoirien aux alentours de 16 h à l'aéroport Felix Houphouet Boigny d’Abidjan. L’artiste a pu à sa grande surprise, se faire une joie d’évaluer lui-même, son taux de popularité dans la cité abidjanaise.
Le fan club ivoirien du chanteur, aura effectué le déplacement à l’aéroport afin d’accueillir la star africaine installée au Canada depuis bon nombre d’années. Après avoir prit u bain de foule, l’auteur compositeur et interprète, a été par la suite orienté vers le «Golf Hotel» où la star aura été l'invité d’honneur d'un diner spécial.
Le lendemain, le samedi 04 octobre, Corneille, a honoré son rendez-vous au Palais de la Culture de Treichville où, il s’est produit en concert live acoustique.
Signalons tout de même, que comme au Gabon, après de multiples rendez-vous manqués ces trois dernières années, l’artiste d’aujourd’hui 31 ans, a enfin pu se rapprocher en chair et en os, de ses admirateurs du continent.
lundi 25 août 2008
Asalfo : "ça se danse et ça s’écoute !"
MAGIC SYSTEM - Leur nom vient d’un célèbre cube culinaire pour faire des fonds de sauce, leur musique du quartier de Marcory à Abidjan, leur reconnaissance mondiale d’un tube de 1999, leur tableau d’honneur 10 disques d’or et un de platine, leur message va au-delà des simples rythmes festifs, la preuve en interview avec Asalfo, leader vocal du groupe.
JDP : Quelle est l’actualité du groupe cet été ?
Asalfo : On a commencé la tournée en mai, d’ici sa fin en novembre on va passer aux Etats-Unis, en France... On prépare aussi un prochain album pour avril 2009, toujours Zouglou mais mélangé à d’autres genres musicaux. On a envie de collaborer avec des artistes autres que français.
C’est quoi le zouglou ?
C’est un courant musical né dans les campus universitaires des années 90 en Côte d’Ivoire. Une musique de philosophie qui se destinait aux gouvernants, elle est devenue une musique de revendications sociales, festive, mais au-delà, elle est urbaine et à messages.
Vous vous sentez engagé ?
Oui, mais ça dépend du cadre qu’on emploie. Chez vous, un artiste engagé c’est quelqu’un qui parle de politique, nous c’est plutôt le quotidien de chaque africain, ce qui ne va pas dans nos faubourgs, on défend le pouvoir d’achat... On est engagé du côté social, on parle de délinquance, on lance des messages.
Ce n’est pas votre image en France…
Justement, c’est de ça que l’on veut se débarrasser. Les gens nous voient comme une deuxième "Compagnie Créole" qui fait danser dans les soirées, il faut qu’on arrive à donner une autre image, c’est le but de notre futur album. Magic System ça se danse et ça s’écoute !
C’est dans ce sens que vous avez des concerts ce mois d’août au Rwanda ?
Oui, c’est important pour nous d’aller dans ce genre de pays, parce qu’en Côte d’Ivoire et au Rwanda, on a a peu prés la même histoire. C’est à l’image de l’Afrique, il y a beaucoup de pays qui sont en guerre, alors c’est bien de donner de la joie de vivre et d’en profiter pour lancer des messages forts à nos dirigeants africains.
On pense toujours à votre tube « Premier Gaou » en 1999, quel souvenir en gardez-vous ?
Que du bonheur ! Tous ces concerts qui ont permis de faire découvrir l’Afrique aux Européens, ça a ouvert beaucoup de choses. Avant, cette musique n’avait pas accès aux médias. Depuis, chaque été, il y a des découvertes de l’Afrique. C’est une victoire de montrer que l’Afrique ce n’est pas que les guerres et la famine.
Vous avez le temps de prendre des vacances ?
Malheureusement non ! Mais chez nous, il n’y a pas d’hiver, alors dès que l’on a une pause, à tout moment on y est en vacances d’été !
Si je vous dis plage…
Je pense au romantisme, au recueillement, au repos… Je pense à celle d’Assinie à 100 kilomètres d’Abidjan. En bordure de l’eau, vous avez les poissons braisés, ce qui nous manque ici, les plages en France sont trop sophistiquées. Nous, c’est nature-nature au clair de lune, avec les enfants qui courent partout, les chansons… C’est très sympa !
Propos exclusifs recueillis par Anne Le Hars.
Par La rédaction, lundi 25 août 2008 à 08:06 - Interview - #1733 - rss
http://www.lejournaldesplages.com/
vendredi 22 août 2008
3ème FESTIVAL MONDIAL DES ARTS NEGRES : La région des Grands Lacs exprime son adhésion
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Kigali, la capitale rwandaise, a vibré aux rythmes de la danse et de la musique. Pendant plus d’une semaine, danseurs, chorégraphes et musiciens, venus des différentes parties du continent, ont échangé et se sont exprimés dans un bel élan de communion. Au cours des rencontres-échanges et diverses manifestations, les acteurs avaient aussi à l’esprit le prochain Festival mondial des arts nègres. « Nous regrettons la rupture notée pendant de longues années, dans l’organisation du Festival mondial des Arts nègres. Le retour du Fesman sur la scène est une bonne chose compte tenu de la dimension incommensurable des créations du monde black qu’il faut absolument mettre en lumière et se positionner davantage sur l’échiquier mondial », a affirmé Joseph Habineza, Ministre des Sports et de la Culture du Rwanda. M Habineza de poursuivre : « Personne ne doit rater ce rendez-vous du monde noir. En tout cas, le Rwanda sera présent ». C’était en marge du 6ème Festival panafricain de danse (Fespad) tenu à Kigali, du 27 juillet au 2 août 2008 et dont la cérémonie d’ouverture a réuni plus de 30.000 spectateurs au stade. D’autres personnalités culturelles, artistes, chorégraphes, se sont aussi prononcés sur le prochain Festival mondial des Arts nègres, la troisième édition du genre, prévue du 1er au 21 décembre 2009, au Sénégal, avec, comme thème : la Renaissance africaine. Pour sa part, Thomas Bazatsinda, Directeur du Ballet national de Rwanda, soutient : « Nous soutenons ce grand festival qui sera un réceptacle du patrimoine et de nouvelles tendances artistiques ». Les artistes Red Sun du Kenya, Chameleon de l’Ouganda, Kidumu du Burundi se sont succédés sur la scène. Ils ont préféré faire une déclaration commune sur le Fesman pour avoir lu auparavant les plaquettes de présentation : « Les artistes de la région des Grands Lacs marqueront de leur empreinte le prochain Festival de Dakar car la Renaissance africaine est notre crédo et notre raison d’exister ». Le jeune rappeur rwando-sénégalais, Mess Afro Mystik (Sylla), estime qu’il faut véritablement « impliquer les jeunes en général et les rappeurs pour la transmission des messages afin d’éveiller la conscience collective ». Pour Olivier Ngoma, auteur-compositeur gabonais : « Le Fesman est trop espacé, mais le Président Abdoulaye Wade a le mérite de relancer ce vaste chantier du monde noir. L’événement va permettre aussi à l’Afrique de rassembler ses fils. Il est important que des messages de paix et de fraternité soient véhiculés et l’Afrique va se redécouvrir encore ». Les délégations artistiques de la Tanzanie, du Kenya, de l’Ouganda, du Burundi, du Rwanda, du Congo Kinshasa, du Congo Brazzaville, de la Namibie, du Gabon, etc., ont salué la reprise du Festival mondial des Arts nègres dont les premières éditions se sont tenues en 1966, à Dakar, et en 1977, au Nigeria. Au terme d’une présentation du Fesman par le Secrétaire général, Abdoulaye Farba Diouf, au nom du Coordinateur général Alioune Badara Bèye, lors des rencontres-échanges de Kigali, des personnalités culturelles et politiques ont apprécié. Certaines ont souhaité la participation des enfants, réceptifs aux valeurs africaines exprimées pendant le Fesman. Correspondance particulière de Alassane CISSE |
jeudi 7 août 2008
Ils ont conquis Kigali
Magic System a fait une entorse à sa tournée européenne et a posé ses valises, le temps d’un week-end, en Afrique. Et c’est à Kigali que les Magiciens se sont arrêtés pour participer au FESPAD. C’est la première fois que les Gaou Boy’z foulent le sol rwandais.
Samedi 2 août. Pour Magic System, le tour du monde passait par la ville de Kigali. Pour le Rwanda, c’est peut-être le début d’une histoire d’amour avec le groupe zouglou. En tout cas, ce samedi soir-là, tout, ici, s’apparentait à une idylle. Tenez ! Après une quinzaine de chansons exécutées avec brio, le groupe ivoirien termine son tour de chant avec l’emblématique 1er Gaou. Qui sonne en même temps la fin du show qu’avait si bien animé la bande à A’Salfo. Mais voilà, les huit mille spectateurs de la place de l’Université libre de Kigali refusent de retourner chez eux et réclament un bonus. Sans trop se faire prier, Les Super Gaou (l’orchestre de Magic System) jouent un medley qui arrache des cries de joie.
Il est 0h40 (22h40 GMT) quand les Gaou quittent la scène et s’engouffrent dans une rutilante limousine qui les ramène à leur hôtel. C’est aussi la fin d’un long mois de spectacles commencé le 27 juin dernier dans le cadre de la 6è édition du festival panafricain de danses (FESPAD). Cette année, la biennale fêtait son 10è anniversaire (Elle a vu le jour en 1998). Et pour le premier spectacle de Magic System à Kigali, les organisateurs se sont réjouis d’avoir invité A’Salfo et ses amis. «Le FESPAD est là pour promouvoir la danse. Et pour rendre le festival plus festif, on ajoute, autour de la danse, des groupes musicaux locaux et internationaux. Cette année, le thème était : Escale entre deux temps : temps passé avec les danses traditionnelles et temps présent avec la danse contemporaine. Magic System est un groupe populaire et il entrait dans le festival avec de nouvelles sonorités», explique Anita, chargée de communication du festival.
Durant donc plus d’un mois (27 juin - 2 août), les meilleurs groupes de danse du continent et de sa diaspora ont rythmé la capitale du pays de Paul Kagamé. Et pour ajouter une note de modernité à ce festival qui célèbre les danses africaines traditionnelles, les organisateurs ont misé sur des grands noms de la musique. L’ouverture du FESPAD 2008 s’est faite avec le groupe jamaïcain Brick&Lace. Ensuite, Sly, Chameleon et Oliver NGuema se sont relayés avant que Magic System ne vienne boucler la boucle. «On a été bien accueillis, malgré tout ce qu’on raconte sur ce pays. C’est vrai que la sono n’était pas du haut de gamme, mais nous avons assuré et je crois qu’on a fait le show comme il le fallait. Nous sommes très heureux d’avoir communié avec ce public qui ne nous voyait qu’à travers les clips de nos chansons. J’ai découvert d’autres réalités avec ces fans et je pense que le contact est désormais établi», a déclaré Goudé de Magic System.
Sorti de plusieurs années de guerre, le Rwanda s’ouvre petit à petit au reste du monde. Par des activités comme le FESPAD. La population, notamment la jeunesse, essaie d’oublier peu à peu les affres de la guerre. Ici, on parle de moins en moins du génocide et les rendez-vous culturels sont un puissant moyen pour renouer avec la joie. En la matière, Magic System a laissé un bon souvenir. «Pour moi, venir au Rwanda, j’avais le même sentiment qu’avaient les autres artistes quand ils devaient se rendre en Côte d’Ivoire, un pays qui a également connu la guerre. Ça m’a fait plaisir d’apporter de la joie à ce pays dont les habitants ont tant souffert. En plus, jouer en Afrique de l’Est, pour nous qui venons de l’Ouest, était un challenge. Dieu merci, on l’a bien relevé», se réjouit A’Salfo.
Et pour cause : dans les rues de Kigali, dans les boîtes de nuit, partout où ils sont passés, c’était l’euphorie. Un vrai succès.
mardi 5 août 2008
Récréâtrales 2008 : Les organisateurs recherchent 27 millions
Le comité d’organisation des récréâtrales a animé une conférence de presse pour faire l’état des préparatifs de la Ve édition de l’événement. C’était le mercredi 30 juillet 2008 à la fédération du Cartel sis au secteur n°9 de Ouagadougou.
La Ve édition des Résidences panafricaines d’écriture, de création et de formation théâtrales (récréâtrales) entame sa deuxième phase, à savoir les résidences prévues du 14 août au 5 octobre 2008. Pour faire l’état des préparatifs de l’événement, les organisateurs ont tenu une conférence de presse, le mercredi 30 juillet 2008, à la fédération du Cartel, siège de la manifestation. Selon le directeur des récréâtrales, Etienne Minougou, l’événement a "produit des effets sur le théâtre africains", et d’ajouter que "c’est un événement qui appartient à l’ensemble des artistes de théâtre africains."
La preuve, les récréâtrales ont vu défiler dans la capitale burkinabè, environ 350 artistes professionnels (comédiens, scénographes, régisseurs, etc). Côté spectacles, le directeur artistique des récréâtrales, Issa Sinaré, a expliqué que cinq projets ont été retenus de la quarantaine (tenue du 28 décembre 2007 au 5 février 2008). Ce sont des projets des compagnies : l’œil du cyclone (Burkina Faso et Côte d’Ivoire), Goglo espace art (Bénin), Kodam kodam (Togo), Arène théâtre et Ensemble Kassaï (Niger) et Théâtre évasion (Burkina Faso).
Tous les spectacles mis en scène par ces compagnies seront exposés au public du 6 au 14 octobre 2008 à l’Etape plate-forme festival. Monsieur Sinaré a également fait écho des spectacles invités, notamment d’Afrique du Sud, du Rwanda, de la République Démocratique du Congo. D’un budget prévisionnel de 150 millions de FCFA, les organisateurs n’ont mobilisé qu’environ 66 millions de FCFA, a affirmé Mahamoudou Nacanabo, l’administrateur du Cartel. Il a expliqué que l’événement ne peut se dérouler en-dessous de 94 millions de FCFA. Par conséquent, plus de 27 millions de FCFA d’après lui, restent à mobiliser pour mettre véritablement les participants dans des conditions propices à la création. Les récréâtrales 2008 se déroulent sous le thème "transgression".
Alassane KERE
Gaoussou NABALOUM (Stagiaire)
Sidwaya
























